Les débuts difficiles d’Alexis Lafrenière en NHL

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Alexis Lafrenière a vécu un repêchage plutôt inédit, lui qui a vu huit prétendants avoir une chance égale d’obtenir le fameux premier choix. C’est finalement les Rangers qui l’ont emporté et le québécois était attendu par toute une fan base comme un motif d’espoir après des saisons plutôt moroses. 

Pourtant, alors qu’il entame (bientôt) la deuxième moitié de sa première saison, Lafrenière connait des débuts compliqués et n’a inscrit que 5 malheureux points en 20 rencontres. Les plus pressés n’hésitent déjà pas à le qualifier de “bust”, alors même qu’ils le voyaient plus tôt comme le futur de la ligue. 

Mais pourtant, il n’y a (pour l’instant) pas de raison de s’inquiéter des performances du joueur, même si statistiquement, il n’apporte pas beaucoup à sa franchise. 

Lafrenière ne connait pas le départ canon de (certains) de ses illustres prédécesseurs 

Lorsque l’on regarde les statistiques, il est facile de comprendre le sujet des critiques à l’encontre de la recrue. Avec cinq points inscrits seulement en 20 rencontres, il connait un départ plus que timide. C’est encore plus vrai pour un premier choix de repêchage qui ont tendance à battre des records de précocité dans le nombre de points marqués. A titre de comparaison, Sidney Crosby et Alex Ovechkin ont inscrit leurs quatre premiers points en trois rencontres. Cette tendance ne semble pas non plus liée à une époque en particulier, Connor McDavid n’aura mis que cinq rencontres et Auston Matthews, une seule (il a inscrit un quadruplé pour son premier match dans la ligue, ndlr). 

Alexis Lafrenière a dû lui attendre son septième match pour inscrire son premier point. Son deuxième point n’arrive lui qu’à son seizième match. Cependant, il a inscrit trois points lors de ses trois derniers matchs ce qui semble indiqué qu’il a enfin pris ses marques dans la ligue. 

Cela aurait théoriquement de quoi inquiéter, mais en réalité ces comparaisons ne donnent que peu d’éclaircissement sur le futur de Lafrenière dans la ligue. 

Des précédents parmi les premiers choix dans la ligue 

Il est rare que des premiers choix marquent si peu de points lors de leurs premiers choix, pourtant, c’est déjà arrivé. Steven Stamkos, premier choix du repêchage 2008 a dû attendre sa huitième rencontre avant d’inscrire son premier point. Il n’avait inscrit que sept points avant sa vingtième rencontre. C’est plus que Lafrenière, mais ce n’est pas un total très élevé non plus. Pourtant Stamkos s’est bien rattrapé depuis et d’aucun n’irait dire qu’il s’agit d’un bust. 

Un autre premier choix a même fait pire, en ne marquant son premier que lors de son 22ème match. Il s’agit de Joe Thornton, sélectionné en premier lors du repêchage 1997 par les Bruins. Il est actuellement le joueur encore en activité ayant marqué le plus de points (1519) en saison régulière.  

Le nombre de points inscrit par une recrue à ses débuts ne peut en aucun cas déterminer ses performances futures. Par ailleurs, Nail Yakoupov, souvent considéré comme l’une des plus grandes erreurs de casting de ces dernières années avait réalisé une première saison tout à fait honorable (31 points en 48 rencontres). 

Lafrenière est arrivé dans une franchise qui n’avait pas prévu de l’accueillir 

C’est sur ce point que la situation d’Alexis Lafrenière diffère le plus des autres premiers choix de repêchage. La plupart d’entre eux ont rejoint des équipes ayant préalablement réalisé des saisons médiocres et ayant comme objectif principal la sélection de ces joueurs. L’an dernier, malgré l’avant dernière place des Rangers dans la division métropolitaine à l’interruption de la saison, ils font partie des équipes pouvant jouer les séries et affichent surtout un bilan de 37-28-5. A titre de comparaison, avant de sélectionner Matthews, les Maple Leafs terminent la saison avec un bilan de 29-42-11. Les Oilers terminent eux avec une fiche de 24-44-14 lors de la saison précédant la sélection de McDavid. 

Lors de la saison 2019-2020, les Rangers visaient bien plus une place en série éliminatoire qu’un choix élevé dans le repêchage. Partant de ce principe, l’effectif des Rangers est bien plus complet que les effectifs des équipes récupérant traditionnellement le premier choix. Ainsi il est normal que Lafrenière ait plus de difficultés à s’exprimer et à marquer de son empreinte sa franchise. Elle n’a pas été construite pour lui. 

Les Rangers ont des difficultés à lancer leurs premiers choix 

C’est quelque chose de plutôt récurrent dans la plus vieille franchise de New York, les choix de premier tour prennent leur temps pour inscrire des points. J.T. Miller (15ème choix, 2011) n’a inscrit lui que 4 points lors de sa première saison. Lias Andersson (7ème choix, 2017) ne fait pas mieux, il ne joue que 7 rencontres lors de sa première saison et n’inscrit que 2 points. Lors de sa deuxième saison, il n’inscrit que 6 points en 42 rencontres. Kaapo Kaako (2ème choix, 2019) fait un peu mieux avec 23 points en 70 rencontres, mais seulement 10 points lors des vingt premières. 

Le problème semble donc structurel chez les Rangers, qui n’arrivent pas vraiment à mettre leurs recrues dans de bonnes dispositions pour performer rapidement. Cela est d’autant plus vrai pour Lafrenière qui doit vivre un début de saison compliqué à cause de la pression mise sur ses épaules ainsi que les affaires extra-sportives qui entourent les Rangers depuis le 13 janvier. 

Comme dit l’adage, ce n’est qu’à la fin du bal qu’on paie les musiciens et la partition que joue Lafrenière n’en est qu’à ses débuts.  

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