Seattle échange Russell Wilson à Denver : les vainqueurs et les perdants de ce transfert

par 11 minutes de lecture
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Russell Wilson n’est plus un joueur des Seahawks ! Le quarterback historique de Seattle a pris le chemin de Denver dans un transfert qui va redistribuer les forces en présence dans la NFL. On analyse les vainqueurs et les perdants de cet invraisemblable échange.

La nouvelle est tombée ce mardi : Russell Wilson quitte Seattle, son équipe de toujours, et rejoint Denver en compagnie d’un choix au quatrième tour de la prochaine Draft. En échange, les Seahawks récupèrent le quarterback Drew Lock, le tight end Noah Fant et le linebacker Shelby Harris en plus de cinq choix de Draft qui appartenaient aux Broncos (au premier tour en 2022 et 2023, au deuxième tour en 2022 et 2023 et au cinquième tour en 2022). Ce transfert ne sera officialisé que le 16 mars, date à laquelle sera lancée la saison 2022 de la NFL.

L’échange de Wilson à Denver, l’une des équipes les plus prestigieuses de la ligue, a provoqué une véritable onde de choc à travers la NFL. Le vainqueur du Super Bowl et nonuple Pro Bowler sort-il gagnant de cet échange ? Les Seahawks peuvent-ils trouver des sources de satisfaction à son départ ? Où se situent désormais les Broncos dans la Conférence Américaine ? On énumère les vainqueurs et les perdants de ce transfert sans équivoque.

Vainqueur : Russell Wilson

Après dix saisons à Seattle, Russell Wilson obtient ce qu’il espérait depuis quelques temps : un nouveau départ au sein d’une nouvelle équipe. Le quarterback sort d’une saison très compliquée chez les Seahawks : il a raté trois matches en raison d’une blessure au doigt. Wilson n’avait jamais manqué le moindre match depuis son arrivée dans la NFL en 2012. Il a complété 64.8% de ses passes – son pire pourcentage depuis 2017 (61.3%) – et lancé 25 touchdowns – son plus faible total depuis 2016 (21). Sur le plan collectif, Wilson a connu sa pire saison avec Seattle : les Seahawks ont remporté sept victoires et se sont inclinés à dix reprises pour terminer au dernier rang de la NFC Ouest.

 

Avant cette saison 2021 compliquée, Wilson avait réalisé une superbe année 2020 : il avait réussi 68.8% de ses passes – le meilleur pourcentage de sa carrière – avec 40 touchdowns et 13 interceptions – ses deux totaux les plus élevés depuis qu’il a intégré la ligue. Grâce à la saison spectaculaire de son quarterback, Seattle avait alors fini à la première place de la NFC Ouest, avant une élimination au Wild Card Round par Los Angeles (20-30).

Même s’il ne l’a jamais reconnu publiquement, le quarterback de 33 ans cherchait à obtenir son transfert depuis maintenant plusieurs années. Il rejoint des Broncos qui voulaient à tout prix un quarterback de renom pour relancer une équipe à la dérive. Pour Wilson, le jeune corps de receveurs de Denver – Jerry Jeudy, Courtland Sutton et Tim Patrick, entre autres – est plus fourni que celui dont il disposait à Seattle. Son arrivée doit permettre aux Broncos de redevenir un candidat au Super Bowl et ce, dès 2022.

Perdant : Seattle

Pour Seattle, le départ de Russell Wilson permet de récupérer de nombreux atouts, à commencer par deux choix au premier tour de la Draft et deux autres choix au deuxième tour de la Draft. Les Seahawks disposent ainsi de pièces fondamentales pour bâtir dès à présent l’équipe qui se battra pour retourner au Super Bowl.

Néanmoins, trouver le quarterback qui permettra à l’équipe de se battre pour le titre est tout sauf une mince affaire dans la NFL. Comme l’ont prouvé les Jets avec Sam Darnold, les Commanders avec Dwyane Haskins et les Giants avec Daniel Jones ces dernières années, un choix élevé à la Draft ne garantit pas nécessairement de trouver le quarterback du futur.

Avec Wilson, Seattle pouvait compter sur un quarterback qui lui donnait constamment une chance de remporter un match. En dix ans, le natif de Cincinnati a rapporté 104 victoires en 158 matches de saison régulière aux Seahawks. Durant ce laps de temps, Seattle a participé aux playoffs à huit reprises, avec en point d’orgue un succès au Super Bowl en 2014 contre… Denver (43-8) !

Remplacer Wilson sera une tâche ardue pour les Seahawks : son départ, accompagné par celui de Bobby Wagner, le dernier rempart de l’équipe championne il y a huit ans, marque clairement la fin d’une ère à Seattle.

Vainqueur : Denver

Pour les Broncos, mettre la main sur un quarterback du niveau de Russell Wilson est une excellente affaire. Denver a terminé 2021 avec sept victoires et dix défaites pour conclure une sixième saison consécutive loin des playoffs. Les Broncos étaient à la recherche d’un quarterback de très haut niveau pour leur mettre de jouer un rôle majeur dans une AFC Ouest dominée de la tête et des épaules par Patrick Mahomes et les Chiefs : avec Wilson, George Paton, le directeur général de l’équipe du Colorado, a clairement accompli sa mission.

Denver a certes sacrifié cinq choix à la Draft – en plus de Drew Lock, Shelby Harris et Noah Fant – mais cela ne revêt pas une grande importance : à l’image des Buccaneers avec Tom Brady ou des Rams avec Matthew Stafford – les deux derniers vainqueurs du Super Bowl -, les Broncos comptent sur l’arrivée de Russell Wilson pour (re)devenir un candidat immédiat au titre. En ce sens, perdre deux à quatre jeunes joueurs à fort potentiel à la Draft n’aura guère d’importance si Denver retrouve le chemin du Super Bowl, six ans après le dernier sacre de Peyton Manning (24-10 contre Carolina).

Pour rejoindre les Broncos, Russell Wilson a renoncé à sa clause de non-transfert, preuve de sa motivation à l’idée de jouer dans le Colorado. Denver ne devra pas tarder pour concrétiser ses espoirs de titre : Wilson est contractuellement lié aux Broncos jusqu’en 2023. Denver a donc deux saisons pour soulever le Trophée Lombardi, sauf si Wilson prolonge son contrat d’ici là. Les Broncos n’ont pas de temps à perdre.

Perdants : Tyler Lockett et DK Metcalf

DK Metcalf et Tyler Lockett étaient les deux principales cibles – pour ne pas dire les deux seules cibles – de Russell Wilson ces dernières années. Metcalf était le receveur le plus visé par Wilson l’an dernier (7.6 passes lancées dans sa direction en moyenne par match). Particulièrement productif en 2020 (1 303 yards à la réception pour un gain moyen de 15.7 yards), le wide receiver de 24 ans avait été récompensé par une convocation pour le Pro Bowl.

Dans le même temps, Lockett est le receveur le plus ancien dans l’effectif des Seahawks. Présent à Seattle depuis 2015, il n’avait jamais connu un autre quarterback que Russell Wilson jusqu’à la blessure de ce dernier l’an passé. Avec Geno Smith au poste de quarterback, Lockett n’avait réceptionné que quatre des dix passes lancées par la doublure de Wilson face aux Steelers (20-23 après prolongation) et contre les Saints (10-13). Il avait rectifié le tir face aux Jaguars (31-7), avec 12 passes réceptionnées sur 13 lancées, mais il est difficile de considérer une performance contre Jacksonville, pire équipe de la ligue l’an passé, comme une référence.

Sans un quarterback aussi précis et expérimenté que Wilson, Metcalf et Lockett pourraient avoir du mal à répliquer des performances qui leur permettaient de surnager dans l’attaque des Seahawks.

Vainqueur : Nathaniel Hackett

Sans entraîner le moindre match, Nathaniel Hackett dispose déjà d’un meilleur quarterback que ses deux prédecesseurs à la tête des Broncos. Vance Joseph (2017-2018) et Vic Fangio (2019-2021) ont vu 11 différents quarterbacks (!) prendre les rênes de l’équipe : Trevor Siemian, Brock Osweiler, Paxton Lynch, Case Keenum, Joe Flacco, Drew Lock, Brandon Allen, Jeff Driskel, Brett Rypien, Teddy Bridgewater et même le running back Philip Lindsay ont occupé le poste de QB pour les Broncos ces cinq dernières années. Au final, aucun d’entre eux n’a su marcher dans les pas de l’illustre Peyton Manning.

La faculté de trouver de la stabilité au poste de quarterback était cruciale dans la réussite de Nathaniel Hackett à Denver. L’ancien coordinateur offensif de Green Bay a longtemps été annoncé proche d’une réunion avec son ancien quarterback Aaron Rodgers. Finalement, c’est un autre ancien vainqueur du Super Bowl, Russell Wilson, qui a déposé ses valises dans le Colorado. Hackett ne pourra obtenir que de meilleurs résultats que Joseph et Fangio avec un quarterback du niveau de Wilson. Le nouvel entraîneur des Broncos devra maintenant améliorer une ligne offensive qui a bu la tasse l’an passé (40 sacks concédés) pour mettre Wilson dans les meilleures conditions possibles.

Perdant : Teddy Bridgewater

Avec l’arrivée de Russell Wilson à Denver, il va sans dire que Teddy Bridgewater n’est plus le bienvenu dans le Colorado. Titulaire pour les Broncos la saison passée, le quarterback de 29 ans n’a pas su convaincre la direction des Broncos, qui cherchera sans doute à s’en débarrasser via un transfert ou une rupture de contrat à l’amiable dans les prochaines semaines.

Bridgewater a complété 66.9% de ses passes pour 18 touchdowns et sept interceptions la saison passée. Il ne devrait pas manquer de poursuivants durant l’intersaison. Il semble même être le quarterback le plus à-même d’être transféré derrière Jimmy Garoppolo. Pour autant, Bridgewater devrait probablement connaître sa quatrième équipe en autant de saisons : il n’est jamais rassurant d’être considéré comme un quarterback de transition dans la NFL…

Vainqueurs : Noah Fant et Drew Lock

Pour Noah Fant et Drew Lock, ce transfert à Seattle peut être l’occasion de complètement relancer leur carrière. Sélectionné au premier tour de la Draft par Denver en 2019, Fant a terminé 2021 avec 68 réceptions pour quatre touchdowns. Sans forcément décevoir, le tight end n’a jusqu’ici pas montré toute l’étendue de son talent dans la NFL. Avec Russell Wilson, un quarterback qui ne s’appuie pas en priorité sur ses tight ends, Fant n’aurait sans doute pas eu une grande importance dans les schémas offensifs de Denver. Son départ à Seattle peut lui permettre d’exploser aux yeux de la ligue, d’autant plus qu’il pourrait se retrouver libre de tout contrat dès la fin de la saison prochaine et obtenir une entente plus que juteuse sur le plan financier, à Seattle ou ailleurs.

De son côté, Drew Lock n’a pas su saisir les opportunités qui se présentaient à lui dans le Colorado. Le quarterback de 25 ans a un temps été considéré comme le quarterback du futur par les Broncos, mais il n’a jamais été à la hauteur des attentes. Lock a lancé presque autant d’interceptions (20) que de touchdowns (25) en trois ans dans la NFL. Il doit améliorer sa prise de décision et et mûrir, sur et en dehors du terrain. Son transfert peut agir comme un électro-choc, surtout qu’il répondra désormais aux ordres de Pete Carroll, l’un des entraîneurs les plus expérimentés de toute la NFL.

Perdant : Kansas City

Depuis le départ à la retraite de Peyton Manning début 2016, Kansas City a littéralement roulé sur l’AFC Ouest : les Chiefs ont remporté leur division ces six dernières années ! Cette domination sans partage a été couronnée par un titre au Super Bowl LIV (31-20 contre les 49ers). Les Raiders ont participé aux playoffs la saison dernière et les Chargers n’ont cessé de progresser depuis l’arrivée de Justin Herbert dans la NFL il y a deux ans ; pour autant, les Broncos menés par Russell Wilson semblent désormais être l’équipe la mieux placée pour contester l’hégémonie des Chiefs dans l’AFC Ouest.

Wilson doit permettre à Denver d’entrer dans une nouvelle dimension : en ce sens, la double-rencontre annuelle contre Kansas City sera cruciale. L’équipe entraînée par Andy Reid est plus que jamais menacée par ses trois rivaux de division. Son règne sur sa propre division sera disputé, d’autant plus que Russell Wilson, alors avec les Seahawks, avait vaincu les Chiefs de Patrick Mahomes lors de leur seule confrontation directe (38-31), en 2018 :

 

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