Pierre Trochet (IFAF) : sa vision du développement du football

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Pierre trochet
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Le président de la fédération international de football américain, Pierre Trochet était à Paris pour la conférence conjointe de la NFL et de l’IFAF sur le développement du football américain à l’international.

Lors de cette conférence, de nombreuses célébrité du football étaient présentes avec notamment Drew Brees. Pierre Trochet a répondu à nos questions l’issue de la conférence.

TFA : on constate que culturellement en France, le sport se pratique plutôt au niveau des villes, c’est-à-dire des associations qui sont plutôt gérer par les villes. Les villes aux Etats-Unis, c’est plutôt au niveau des lycées, universités, etc. Ça a un impact, vous, sur votre stratégie pour toucher un maximum de publics?

Pierre Trochet : Non, je pense que les joueurs de flag ou de foot, on peut en avoir sur les modèles européens, dans les centres de jeunesse, dans les écoles, dans les clubs, dans les associations. Le football américain aux États-Unis, au Canada ou au Mexique a une structure différente. Ce n’est pas que le foot américain, c’est tous les sports. Le système éducatif et sportif fonctionne ensemble dans la carrière d’un étudiant-athlète, mais en termes de gouvernance, ça dépend de plusieurs organisations.

On n’a pas vraiment de leadership sportif national aux États-Unis. On dit souvent que si on n’est pas pro, on jouera dans une ligue civile. Mais il n’y a pas d’impact, puisqu’il y a aussi énormément de propriétés aux Etats-Unis sur des événements multisports, YMCA, maisons de jeunesse et autres.

Avec le travail de USA Football, donc la fédération aux Etats-Unis, et bien entendu le travail de la NFL, le process de reconnaissance par la NCAA est en cours. Il a déjà été établi pour la NIA. Il y a déjà des scholarships disponibles pour les athlètes de flag football. Peut-être qu’on aura des Michigan TCU en quelques années.

TFA : Le problème c’est que pour inscrire aujourd’hui en France un enfant au flag, il faut le connaître le sport. Et ça c’est le gros enjeu du flag football et même du football américain en général, c’est d’aller toucher les gens et qu’ils connaissent, qu’ils aient une sorte de première initiation. Est-ce qu’on peut espérer que dans quelques années il y ait du flag déjà dans Madden, ou qu’il y ait un jeu comme Madden en flag, parce que ça peut être un très bon vecteur.

Pourquoi pas, si t’as suivi Madden on a déjà du 6-6. Depuis 2-3 ans on a du 6-6, où tu peux jouer avec une All-Star Team sur la porte de Brandenburg, sur le Corcovado à Rio, et ainsi de suite, donc on a déjà ce genre d’opportunités. Maintenant, peut-être qu’ici quelques années, on pourrait avoir des factory goals également dans Madden. Pourquoi pas en fait? Je ne travaille pas chez EA Sports, mais pourquoi pas?

On travaille avec la NFL et bien entendu avec EA Sports et beaucoup de leurs partenaires. La semaine prochaine, on sera à Singapour sur la semaine eSports du comité atlantique olympique pour observer un peu le fonctionnement de cette semaine de compétition et en espérant que dès l’année prochaine, elle fait partie du panel également.

TFA : On voit que la F1 a énormément performé grâce à Netflix. Ça a créé énormément de biens. Là, il y a le reportage Quarterback qui va sortir. Vous misez-vous vraiment là-dessus sur ce type de contenu un peu cross-plateforme, j’allais dire?

Oui, alors c’est plus une question pour nos amis de la NFL, mais en tant que fan, nous, ça peut encore compter ça. Il y a Hard Knocks…

TFA : C’est un des vrais problèmes de traduction, même Madden n’est pas traduit en français. C’est un frein aujourd’hui pour développer en France.

P.T : Oui, mais je pense que là on voit la chose dans un angle purement français. Etant français vivant à l’étranger, je sais que la maîtrise des langues étrangères n’est pas une force de notre pays, mais on doit faire abstraction de ça. Hard Knocks, All or Nothing sur Amazon, on a eu les Friday Night Lights. On a eu d’autres produits également sur Netflix et autres. Le reportage qui sort fait partie de la stratégie, j’imagine, de Netflix sur l’appétence de la plateforme sur les sports. On a vu le golf, on a vu le tennis.

Plus de football sur les écrans, on veut dire plus de fans, on veut dire plus de pratiquants, on veut dire plus de compétitions, on veut dire plus d’équipes nationales, plus de joueurs dans les clubs.

TFA : Et à terme, on peut imaginer des partenariats un petit peu, même comme ce qui a pu se faire avec le GP Explorer pour la Formule 1, des choses un peu plus entertainment, un peu moins peut-être sérieux, et un peu plus basées sur l’accessibilité pour vraiment diffuser l’action.

P.T : C’est pareil, pour l’instant c’est quelque chose qui se passe aux Etats-Unis, on a les Charity Games avec Mr Beast, avec des personnalités, Snoop Dogg a émis des flags football, on a vu Lebron James jouer au flag football aussi pendant longtemps. On a bien entendu ce genre de contenu déjà existant, principalement aux Etats-Unis. Pour l’instant, peut-être que l’Europe n’est qu’au début de l’histoire.

On ne peut pas oublier que sur l’échelle, si tu prends l’échelle du sport en façon générale, le football américain en Europe, c’est la fin des années 80.

TFA : Déjà, entre 2006 et maintenant, ça a énormément changé en France.

P.T : Oui, bien sûr. Ça va dupliquer avec la venue des Saints à Paris.

TFA : Est-ce que ce partenariat, vous espérez qu’il y ait des retombées immédiates sur le nombre de pratiquants en tout cas?

Bien sûr. Parce que demain, peut-être que… Je n’ai pas d’enfant, mais j’allais dire mon fils. Peut-être qu’il voudra être Drew Brees. Peut-être qu’il voudra être… Aaron Rodgers. C’est aussi l’occasion de pouvoir leur donner une raison de plus de rêver. J’ai pas de mots pour définir ça, mais le sport est un vecteur d’émotion.

TFA : En tout cas je vous remercie pour tous ces mots.

P.T : merci à vous !

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