NFL : De McDaniels à Pederson, analyse des neuf nouveaux entraîneurs pour la saison 2022

par 13 minutes de lecture
par 13 minutes de lecture
Enlever la pub

À l’issue de la saison 2021, neuf nouvelles places pour un poste d’entraîneur se sont libérées en NFL. Les profils de chaque entraîneur étaient aussi variés que les situations des équipes concernées. The Free Agent classe chaque décision, de la plus logique à la moins rationnelle, en vue de la prochaine saison.

C’est l’une des sinistres traditions de la NFL : le « Black Monday » désigne le lundi qui permet à chaque équipe de faire le point au terme de la saison régulière et dans certains cas, de renvoyer l’entraîneur. Si tout le monde n’a pas été limogé cette année – Sean Payton a démissionné de son poste d’entraîneur à New Orleans -, neuf équipes ont dû se trouver un nouvel entraîneur en ce début d’année 2022.

Des Raiders, qualifiés en playoffs, aux Jaguars, pire équipe de la NFL la saison dernière, les équipes à la recherche d’une nouvelle voix ne sont pas forcément au même stade de leur projet. Il n’est donc pas surprenant de voir que les neuf entraîneurs nommés affichent des parcours bien différents : Doug Pederson a déjà remporté le Super Bowl alors que Matt Eberflus, Brian Daboll, Nathaniel Hackett, Kevin O’Connell et Mike McDaniel n’ont jamais été en charge d’une équipe de NFL.

Des entraîneurs plus ou moins expérimentés et des équipes à un stade plus ou moins avancé de leur plan : quelle a été la meilleure décision de l’intersaison et au contraire, laquelle apparaît déjà comme insensée ?

The Free Agent répertorie chacun des neuf choix du plus rationnel au moins cohérent.

1. Doug Pederson (Jacksonville Jaguars)

Pour Jacksonville, il était difficile de trouver un entraîneur aussi calamiteux qu’Urban Meyer : nommé en janvier 2021 à la tête des Jaguars, l’ancien visage d’Ohio State n’aura jamais réussi sa transition vers la NFL. Coupable de frasques extra-sportives et critiqué pour son attitude hautaine envers ses joueurs et ses adjoints, Meyer n’aura même pas tenu un an en Floride.

 

Après avoir longtemps hésité avec Byron Leftwich, le coordinateur offensif des Buccaneers, c’est finalement vers Doug Pederson que s’est tourné Jacksonville. L’homme âgé de 54 ans était sans emploi après avoir été remercié par Philadelphia au terme de la saison 2020.

Ancien coordinateur offensif des Chiefs pour Andy Reid, Pederson avait offert aux Eagles leur premier Super Bowl en 2018, près de soixante ans après leur dernier sacre et deux ans après sa nomination au poste d’entraîneur de Philly. Sa créativité en attaque, son entente avec ses joueurs et sa capacité à gagner en playoffs avec un quarterback remplaçant – Nick Foles – avaient fait de Pederson l’un des entraîneurs les plus respectés en NFL.

Malheureusement pour lui, le retour de blessure de son quarterback titulaire Carson Wentz la saison suivante n’aura jamais permis aux Eagles de répliquer leur succès. Les désaccords entre les deux hommes auront conduit au renvoi de Pederson et au transfert de Wentz chez les Colts l’année dernière.

Chez les Jags, Doug Pederson aura pour mission de donner confiance à Trevor Lawrence : le premier choix de la Draft en 2021 sort d’une première saison calamiteuse en NFL. L’expertise offensive de Pederson doit permettre à Lawrence de prendre ses marques chez les professionnels. Il devra aussi donner un coup de fouet à l’éternelle reconstruction de Jacksonville, absent des playoffs pour la treizième fois en quatorze ans.

2. Dennis Allen (New Orleans Saints)

Existait-il un choix plus logique que Dennis Allen pour succéder à Sean Payton à la tête des Saints ? Après 16 saisons à New Orleans – en incluant la saison 2012 pour laquelle il avait été suspendu par la NFL – et une victoire au Super Bowl (31-17 contre Indianapolis en 2010), Payton a rendu sa démission courant janvier.

Pour le remplacer, l’équipe de Louisiane a fait le choix de la continuité, en optant pour Dennis Allen. Celui-ci était le coordinateur défensif des Saints depuis 2015. Sous ses ordres, New Orleans possédait la quatrième meilleure défense contre la course de la ligue, avec 93.5 yards concédés en moyenne par match l’an passé.

La nomination d’Allen a ravi les joueurs des Saints, à commencer par Cam Jordan : « c’est quelqu’un avec qui on sait qu’on peut gagner », a récemment déclaré le defensive end au sujet de son entraîneur.

Dennis Allen devra permettre à New Orleans de maintenir son statut de candidat au titre après avoir manqué de justesse les playoffs l’an passé. La tâche s’annonce compliquéee pour l’entraîneur des Saints : la défense compte de nombreux trentenaires proches de la fin de leur carrière, Michael Thomas III n’a pas joué de la saison, le poste de quarterback est une zone sinistrée et Alvin Kamara a récemment été arrêté pour agression.

Allen tentera également de faire oublier son triste passage chez les Raiders, qui avaient perdu 28 de leurs 36 matches sous ses ordres entre 2012 et 2014.

3. Kevin O’Connell (Minnesota Vikings)

Après un Super Bowl remporté par les Rams de Sean McVay face aux Bengals de son ancien assistant Zac Taylor, sélectionner un entraîneur du cercle proche de McVay était d’une logique implacable.

C’est ainsi que les Vikings ont fait de Kevin O’Connell leur nouvel entraîneur. Ancien quarterback, O’Connell était le coordinateur offensif de Los Angeles ces deux dernières saisons. À 36 ans, il n’a encore jamais eu une équipe de NFL sous ses ordres.

Pour Minnesota, l’arrivée d’O’Connell est un virage à 360 degrés par rapport à son prédecesseur, Mike Zimmer, qui était davantage réputé pour ses prouesses défensives qu’offensives. Zimmer était l’entraîneur des Vikes depuis 2014 : Minnesota avait atteint les playoffs à trois reprises, mais restait sur deux saisons sous la barre des 50% de victoire.

Kevin O’Connell intègre une équipe qui ne manque pas de talent offensivement, avec Justin Jefferson, le jeune prodige au poste de wide receiver, et Dalvin Cook, l’un des plus solides running backs de la Conférence Nationale. L’ancien adjoint de McVay devra cependant corriger l’une des pires défenses de la ligue (383.6 yards accordés en moyenne par match l’an dernier).

4. Brian Daboll (New York Giants)

La nomination de Brian Daboll à la tête des Giants a fait couler beaucoup d’encre, notamment à cause des accusations de Brian Flores, longtemps considéré comme un candidat pour le poste d’entraîneur de la formation new-yorkaise.

Pour autant, il n’était qu’une question de temps avant que Daboll devienne l’entraîneur en chef d’une équipe de NFL. Son succès en tant que coordinateur offensif des Bills ces dernières années a fait tourner beaucoup de têtes, faisant de Daboll l’un des entraîneurs les plus convoités sur le marché.

À New York, Brian Daboll tentera d’améliorer une attaque au rendement cauchemardesque ces dernières années : les Giants ne récoltaient que 188 yards dans les airs en moyenne l’an dernier. Le quarterback Daniel Jones aura une dernière chance de prouver qu’il peut être le futur au poste de quarterback chez les G-Men : Daboll tentera de tirer le maximum de Jones comme il a su le faire avec Josh Allen à Buffalo, sans quoi Jones prendra la porte.

Avec deux choix au premier tour de la prochaine Draft, Brian Daboll et les Giants auront de quoi reconstruire immédiatement une équipe qui connaîtra son quatrième entraîneur en six ans.

5. Josh McDaniels (Las Vegas Raiders)

Comme tant d’équipes par le passé, Las Vegas a décidé d’adopter la méthode Patriots en embauchant un entraîneur – Josh McDaniels – et un directeur général – Dave Ziegler – qui ont passé de nombreuses années à New England.

La direction des Raiders a désigné un nouvel entraîneur alors que les joueurs auraient adoré conserver Rich Bisaccia, arrivé au chevet de Las Vegas après le renvoi de Jon Gruden en cours de saison dernière. En tant qu’entraîneur intérimaire, il est parvenu à ramener les Raiders en playoffs pour la première fois depuis 2016.

La défaite face aux Bengals (19-26) lors du Wild Card Round n’aura pas suffi à maintenir Bisaccia en poste. Las Vegas s’est tourné vers McDaniels, coordinateur offensif de Bill Belichick et vainqueur de six Super Bowls à New England.

Si son succès en tant que coordinateur offensif ne souffre d’aucune contestation, McDaniels devra se rattraper après un passage très controversé chez les Broncos entre 2009 et 2010 : des accusations de tricherie avaient terni un bilan peu flatteur de huit victoires et 18 défaites à Denver. La réputation de McDaniels ne s’était pas arrangée après avoir accepté un poste d’entraîneur chez les Colts, pour finalement se rétracter au dernier moment, en 2018. « J’ai essayé de mûrir », a expliqué le principal intéressé lors de son intronisation en tant qu’entraîneur des Raiders.

Dans le Nevada, McDaniels et Ziegler ont décidé de construire l’équipe autour du quarterback Derek Carr, dont le contrat avec les Raiders se terminera la saison prochaine. McDaniels a enrôlé une autre ancienne connaissance des Patriots, Patrick Graham, pour apporter de la stabilité à la défense. Graham endossera le rôle de coordinateur défensif, un poste dans lequel il a excellé chez les Giants ces deux dernières saisons.

6. Nathaniel Hackett (Denver Broncos)

En embauchant un entraîneur à vocation offensive – Nathaniel Hackett – pour remplacer un entraîneur plutôt porté sur la défense – Vic Fangio -, Denver effectue un choix similaire à celui de Minnesota avec Kevin O’Connell qui supplée Mike Zimmer.

Coordinateur offensif des Packers depuis 2019, Hackett a largement contribué au succès d’Aaron Rodgers et des siens en saison régulière. Pour certains, sa nomination à la tête des Broncos pourrait même permettre l’arrivée du quadruple MVP dans le Colorado…

En attendant un éventuel transfert pour Rodgers, Hackett, décrit comme proche de ses joueurs, devra stabiliser l’attaque des Broncos. Denver n’est pas parvenu à trouver un quarterback digne de ce nom depuis le départ à la retraite de Peyton Manning en 2016.

Teddy Bridgewater, Drew Lock, un jeune quarterback sélectionné à la Draft ou l’arrivée d’un vétéran comme Aaron Rodgers ? Les options sont nombreuses pour les Broncos. Une chose est sure : le choix de Hackett au poste de quarterback définira sa propre réussite à Denver.

7. Matt Eberflus (Chicago Bears)

En dépit de deux participations, Matt Nagy n’aura jamais mené les Bears à une victoire en playoffs en quatre ans chez les Bears. Chicago a décidé de remplacer son entraîneur et son directeur général Ryan Pace par Matt Eberflus et Ryan Poles, respectivement.

Eberflus était le coordinateur défensif des Colts depuis 2018. Sa nomination à la tête des Bears a de quoi interroger car c’est avant tout un entraîneur à vocation offensive qui était attendu du côté de Chicago.

L’attaque a en effet été un point d’interrogation majeur pour l’équipe de l’Illinois ces dernières années : sélectionné au premier tour de la Draft l’an passé, Justin Fields a rencontré de nombreuses difficultés pour sa première saison en NFL. La désignation de Luke Getsy au poste de coordinateur offensif aura pour but d’aider le jeune quarterback à prendre de meilleures décisions. Getsy était l’entraîneur des quarterbacks chez les Packers depuis deux ans.

À l’image de Nathaniel Hackett chez les Broncos, Matt Eberflus sera rapidement jugé sur sa capacité à développer le quarterback sur lequel se reposeront l’attaque et la réussite des Bears dans les années à venir.

8. Lovie Smith (Houston Texans)

Pour certains, le renvoi de David Culley après une seule saison à Houston a suscité de nombreuses interrogations. Culley a dû composer avec l’un des plus faibles effectifs de la ligue et des rumeurs de transfert incessantes concernant Deshaun Watson, le quarterback titulaire absent tout au long de la saison.

Les progrès affichés par les Texans en fin de saison n’ont pas suffi et Culley a pris la porte le mois dernier. Le processus de sélection de son remplaçant a encore été très suspect du côté de Houston, où Josh McCown, un ancien quarterback qui entraînait son fils au lycée ces deux dernières années, a longtemps fait office de favori pour le poste d’entraîneur des Texans.

McCown semblait bien parti pour prendre l’autre équipe du Texas en main, mais les poursuites de Brian Flores contre la NFL ont peut-être incité les dirigeants de Houston à prendre une autre direction : finalement, c’est Lovie Smith, entraîneur adjoint de Culley et coordinateur défensif des Texans l’an passé, qui a été nommé entraîneur de l’équipe.

Les capacités de Smith ne sont pas remises en question : l’homme âgé de 63 ans a conduit les Bears au Super Bowl en 2007 (défaite 17-29 face aux Colts) et compte 11 saisons en tant qu’entraîneur en chef d’une équipe de NFL (neuf à Chicago et deux à Tampa Bay).

Pour autant, Smith être un autre entraîneur temporaire pour les Texans, à l’image de Culley la saison dernière. Entre l’arrivée redoutée par de nombreux supporters d’un entraîneur sans expérience – McCown – et la succession d’entraîneurs de transition – Culley et Smith -, la direction prise par Houston – s’il en existe une – laisse songeur…

9. Mike McDaniel (Miami Dolphins)

L’éviction de Brian Flores après deux saisons consécutives à 50% de victoires ou plus pour les Dolphins a choqué l’univers de la NFL le mois dernier. Son renvoi serait dû à de nombreux différends avec la direction de l’équipe, et notamment le propriétaire, Stephen Ross. Flores a décidé d’attaquer les Dolphins en justice, reprochant principalement à Ross d’avoir voulu le payer pour perdre volontairement des matches.

En attendant, Flores n’est plus là, et Miami a une fois de plus choisi d’embaucher une personne qui n’a jamais eu d’expérience en tant qu’entraîneur en chef dans la NFL : Mike McDaniel, le coordinateur offensif des 49ers, tentera de collaborer avec le quarterback Tua Tagovailoa, dont les deux premières saisons en NFL ont été une succession de blessures et d’interceptions.

Chris Grier, le directeur général de Miami, devra offrir à Tagovailoa une ligne offensive digne de ce nom. De son côté, McDaniel devra tirer le meilleur d’un effectif relativement limité comme Flores l’a fait durant son passage en Floride. Il aura pour objectif de relancer un jeu terrestre anémique (seulement 92.2 yards obtenus en moyenne à la course la saison passée). Très apprécié par Mike Shanahan, son entraîneur à San Francisco, McDaniel a été qualifié de « génie » par Stephen Ross.

Passé tout près des playoffs ces deux dernières saisons, Miami n’a fait preuve d’aucune patience avec Brian Flores et entame une énième reconstruction menée par un nouvel entraîneur qui n’a jamais eu une équipe sous ses ordres par le passé. Les Dolphins n’ont plus remporté un match de playoffs depuis l’an 2000 (23-17 contre les Colts au Wild Card Round).

 

 

 

 

Enlever la pub

Commentaires

guest

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires