Le foot US en France : rencontre avec le Flash de la Courneuve

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La saison du championnat Elite de football américain a repris le week-end dernier en France après une longue période d’inactivité suite aux restrictions sanitaires. Pour l’occasion, TFA vous fait découvrir le club le plus titré de France, le Flash de la Courneuve.

Un club historique et engagé

Le Flash de la Courneuve a été fondé en 1984 « en ayant pour objet la pratique amateure du Football américain, du Flag football, du Cheerleading et du Esport, en loisir et en compétition, dans un esprit récréatif, multiculturel et citoyen ».

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Le club est devenu au fil des années un club historique et mythique de la scène du football américain en devenant aussi le plus titré de l’Hexagone. Le Flash c’est 11 titres de champion de France en Elite, un titre de champion d’Europe, 11 de champion de France en juniors ainsi que plusieurs titres nationaux en cadets, en flags et en cheerleading.

Composé d’une vingtaine de salariés, l’association compte environ 500 adhérents parmi toutes ses équipes. Mais le club compte aussi de nombreux autres adhérents hors des stades puisqu’il intervient dans de nombreux endroits comme les écoles ou les prisons.

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Car le Flash a aussi compris qu’il n’avait pas qu’un rôle sportif à jouer au sein de sa ville, La Courneuve. Comme le Flash l’indique sur son site, les dirigeants sont « conscients d’évoluer dans un environnement socio-économique difficile et d’y avoir un rôle social important à jouer, au-delà de l’aspect purement sportif. Les dirigeants ont depuis l’origine travaillé auprès des sections jeunes comme en direction des scolaires, des structures d’animation, d’éducation ou du milieu carcéral, à l’aspect sociétal de notre structure et aux actions y afférentes ».

L’association a ainsi depuis longtemps développé de nombreuses actions de terrain auprès des jeunes et moins jeunes afin de remplir ce rôle sociétal. Que ce soit auprès des enfants dans les écoles ou des détenus en milieu carcéral, le club fait son maximum afin de faire découvrir la passion du football américain et plus important ses valeurs au plus grand nombre. Un rôle confirmé par Bruno Lacam-Caron, manager général du club.

« Aujourd’hui, nous intervenons à de nombreux niveaux, dans les écoles, les prisons, au niveau local et nous voulons poursuivre tout ce travail. Nous travaillons aussi sur des projets de type accompagnement de jeunes, aide à l’emploi, expositions etc… Nous faisons cela avec des partenaires, des entreprises qui nous accompagnent dans ce travail quotidien. Notre but n’est pas d’avoir des sponsors qui financent uniquement, nous voulons des vrais partenaires capables de soutenir ces projets et de nous accompagner dedans. »

Le Flash a aussi joué un rôle important dans la région Ile de France tout au long des années afin d’aider d’autres clubs et d’autres structures à se monter. Un rôle de grand frère avec l’objectif pour le Flash de faire progresser le football américain en France comme l’affirme Bruno Lacam-Caron.

« On a travaillé à la création de clubs par exemple du côté de Villepinte afin de faciliter aussi les choses pour les licenciés. Nous les avons aidé dans leur développement aussi sur le plan sociétale. On est allé par exemple à la prison de Villepinte afin de faire des cycles avec des détenus. Ça s’est toujours très bien passé et c’était très enrichissant pour eux comme pour nous. Ensuite on a aidé le club de Villepinte, les Diables Rouges, à reprendre ce travail avec la prison.

L’objectif n’est pas de se tirer la bourre entre clubs mais vraiment de travailler ensemble pour développer ce type d’initiative. On est aussi aidé par le département qui nous aide à coordonner tous ces projets. »

Un club ambitieux

Du côté sportif, le Flash attendait avec impatience la reprise du championnat après de longs mois d’attente dus au Covid. Comme nous l’a confirmé Bruno Lacam-Caron, les objectifs sont multiples pour le club avec en premier lieu, le titre de champion de France.

« Reprendre le titre perdu est le premier but. Pour nous, c’est un objectif chaque année mais le fait de l’avoir perdu nous donne encore plus envie de retourner le gagner. L’idée c’est aussi de retourner jouer le championnat d’Europe. On veut se frotter aux meilleures équipes et surtout pour nos joueurs ce sont des moments importants : ça leur permet de voyager, rencontrer des gens, des joueurs et de jouer des matchs encore plus compétitifs.

Et c’est aussi ce type de compétition qui nous pousse à nous améliorer, aménager de nouvelles infrastructures pour les joueurs, réfléchir à un nouveau stade etc… »

D’ailleurs, le club a parfaitement débuté sa saison le week-end passé. Opposés aux Black Panthers de Thonon-les-Bains, champions en titre, les joueurs du Flash ont parfaitement géré leur entame de saison avec une victoire écrasante 35 à 0. Un premier pas réussi dans cette saison.

Pour leur seconde confrontation, le Flash se déplacera sur le terrain des Molosses à Asnières sur Seine le samedi 19 février.

Mais pour nous parler du club et de l’aspect sportif, rien de mieux que de donner la parole à Paul Durand, ex-quarterback de l’équipe de France, et directeur sportif du Flash.

The Free Agent : Nous voulions commencer par te laisser te présenter et nous expliquer ton parcours dans le monde du football américain.
Paul Durand : Enchanté, je m’appelle donc Paul Durand et je suis responsable sportif au sein du Flash de la Courneuve. Dans les grandes lignes, je m’occupe de gérer les différentes sections en collaboration avec les différents staffs. Je m’occupe aussi de l’arbitrage et la formation en matière d’arbitrage au club. Je suis aussi responsable de l’ECFA, l’école citoyenne du football américain, qui propose un entrainement quotidien aux joueurs en plus des entrainements classiques tout en leur véhiculant des valeurs de réussite à l’école car nous savons que dans ce sport, peu d’entre eux pourront en vivre.

TFA : Et pour ton rôle au Flash en tant que joueur ?
Paul : J’ai été le quarterback de l’équipe pendant plusieurs années et aussi coordinateur offensif durant les trois dernières saisons. Mon rôle est vraiment de coordonner l’attaque de l’équipe avec un très gros travail de préparation en amont. Je passe beaucoup de temps à travailler sur vidéos et ensuite on explique et on en met en application avec les joueurs à l’entrainement. On pourrait penser que le coach et les coordinateurs ne travaillent que durant les entrainements mais le gros de notre travail est au niveau de la préparation.

TFA : Est ce que tu peux nous en dire plus sur tes débuts dans le football américain ?
Paul : Je suis arrivé au football américain grâce à une animation flag football qui a eu lieu à l’époque dans mon école primaire. J’ai ensuite commencé en 2000 dans le club de Reims et j’ai enchainé ensuite sur plusieurs clubs. À partir de 2005 j’ai aussi intégré l’équipe de France avec laquelle on a été champions d’Europe en 2018, année où j’ai arrêté.

TFA : Comment est composé l’équipe du Flash en termes de joueurs ?
Paul : On compte environ 70 joueurs dans l’effectif au total. Pour que l’équipe fonctionne très bien sur une saison complète, il nous faut environ 50 joueurs comme en NFL. La priorité est surtout de trouver des linemen offensifs et défensifs, qui sont les plus rares. Ce que l’on trouve le plus facilement, ce sont des receveurs, des defensive backs ou des running backs.

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Paul Durand lors de sa période en tant que joueur du Flash

TFA : Et pour le poste de quarterback, difficile à trouver ?
Paul : le plus souvent on fait appel à des imports. Ce sont des joueurs venant de l’étranger et qui ont l’avantage d’avoir de l’expérience et cette culture du foot US. C’est quelque chose qu’on n’a pas en France. Les imports sont les seuls à avoir des contrats en général.

TFA : Comment as-tu construit ton playbook offensif et t’inspires-tu de la NFL ?
Paul : playbook d’un coach qui a entrainé au Flash en 2009. Il venait de NFL Europe et a ensuite coaché en équipe de France en 2015. J’ai été amené à le côtoyer et à travailler avec ce playbook. Il s’agit d’un playbook pro similaire à ce que l’on peut re trouver en NFL mais toute proportion gardé, adapté à ce que l’on sait faire.  On oublie pas que la NFL ça reste ce qui se fait de mieux donc bien évidemment on s’en inspire mais à notre niveau.

TFA : Ton ambition pour le club ?
Paul : Gagner ! On est un club qui historiquement gagne donc on veut continuer. Surtout après ces années Covid, on veut reprendre un rythme normal et pouvoir jouer. L’idée à terme c’est de continuer à faire grandir le club pour le situer au niveau des autres clubs européens. Avec la création de l’ELF, on aimerait rejoindre cette ligue dans les années à venir.

TFA : Un joueur du club en NFL, un objectif ?
Paul : Alors on y travaille. On a deux joueurs avec Marc Angelo Souma qui a rejoint les Browns et intégré la practice squad. Plus récemment on a eu Anthony Mahoungou qui avait rejoint l’effectif des Eagles durant la pré-saison. Après on ne perd pas de vue que c’est important pour nos jeunes de ne pas tout miser sur le football. Ils doivent surtout se focaliser sur leurs études car le football reste éphémère en terme de carrière.

TFA : On sent qu’ici le football est un moyen et pas l’unique objectif pour vous ?
Paul : Pour nous le football est un vecteur de structuration et d’aide pour un projet de vie. Ça donnera aux jeunes des valeurs comme le travail, le fait d’être à l’heure etc… Tout ce qu’ils apprenant sur le terrain, les aidera dans la vie. Souvent on a des joueurs qui arrivent et qui sont à fond. Le football les canalise et nous en tant que staff, on les encadre et on leur explique que ça ne peut pas être leur seul objectif.

TFA : C’est un message important…
Paul : Oui, on en a vu qui sont arrivés et qui vivaient, dormaient football américain. Mais ensuite arrivé à un certain âge, ils avaient lâché l’école, n’avaient pas de projet de vie et le football est devenu secondaire aussi. Du coup, ils se retrouvent à un âge où c’est difficile de tout recommencer. C’est pour ça que notre rôle c’est de bien leur montrer que l’école est extrêmement importante.

En conclusion de notre reportage, le Flash de la Courneuve est un club à dimension humaine qui malgré son statut de club mythique du championnat de France garde les pieds sur terre. Conscients du rôle qu’ils ont à jouer, les différents acteurs de l’association sont évidemment ambitieux et exigeants sur l’aspect sportif. Mais pour eux, les valeurs et la vie extra-sportive sont tout aussi importants.

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