Tyrell Terry raconte son écoeurement du basket

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Tyrell Terry
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Pris par des crises de panique à son arrivée en NBA, Tyrell Terry a décidé de mettre fin à sa carrière. Il revient sur ce choix.

 

Pour un basketteur, la NBA est un rêve. Il s’agit du meilleur championnat au monde, qui réunit les meilleurs joueurs. Pourtant, Tyrell Terry ne rêve pas de NBA et a pris sa retraite à 22 ans. En décembre 2022, il a publié un message sur Instagram dans lequel il expliquait “avoir vécu certaines des périodes les plus sombres de ma vie. À tel point qu’au lieu de me construire, cela a commencé à me détruire. À tel point que j’ai commencé à me mépriser moi-même et m’interroger sur ma propre valeur”.

 

Plusieurs mois plus tard, Tyrell Terry a accepté de revenir sur ce qu’il a vécu avec le New York Times. L’ancien maverick explique que le fait de jouer au basket qui lui faisait mal. Pour tenter de sortir de sa dépression, il a même rejoint un de ses amis qui joue en Allemagne et a prit part à des entraînements de l’équipe de Würzburg.

 

Ces sentiments d’apprécier le basket-ball ne sont pas revenus. Et c’était à l’autre bout du monde.

 

Désormais, Tyrell Terry travaille sur une nouvelle étape de sa vie. Il est retourné chez lui, à Minneapolis. Il essaie aussi de renouer des liens avec son père, lui-même ancien basketteur.

 

Je veux pouvoir me débarrasser complètement de cette partie de moi. J’ai compris très tôt que si je n’étais pas né, cela aurait probablement été beaucoup plus facile pour mes parents. Peut-être que mon père aurait percé dans le basket-ball, et il n’aurait pas été aussi difficile pour ma mère de terminer ses études.

 

Lors de son adolescence, Tyrell Terry était très proche de Jalen Suggs, actuel arrière d’Orlando. Les deux joueurs se sont séparés après que Terry ait quitté le lycée dans lequel ils étaient, DeLaSalle High School. Pourtant, les deux hommes souhaitaient aller dans la même université. Pour Jalen Suggs, cela a été vécu comme une trahison.

 

Tout ce que j’avais connu, je l’avais toujours fait avec lui. C’était difficile. C’était différent. Je n’ai pas tout à fait compris ou voulu l’accepter, et pour être honnête, au début, il y avait un peu de rancœur.

 

Les deux anciens amis poursuivent leurs chemins séparément. Suggs part à Gonzaga alors que Terry va à Stanford. Tyrell Terry explose et fini par inscrire son nom à la Draft.

 

Je ne crois pas que j’étais prêt sur le plan émotionnel à aller en NBA. Je voulais rester un gamin, et continuer de jouer avec mes amis. Mais je ne regrette pas ma décision.

 

Tyrell Terry se retrouve dans le monde professionnel, avec des exigences différentes qu’il avait pu connaître auparavant. Les Dallas Mavericks le sélectionne au deuxième tour, à la 31e position en 2020. Il se retrouve seul, sans l’aide de vétérans puisqu’il quittait les entraînements tôt.

 

Après un passage en G-League, il demande à voir le responsable du département psychologie de Dallas. Il lui annonce qu’il subit des crises de panique et qu’il ne veut plus jouer. Les Mavericks lui autorisent à quitter le groupe, le médecin lui prescrit des antidépresseurs. Cependant, la confiance n’est plus quand le psychologue lui demande quand il veut revenir à l’entraînement. Sa mère le rejoint à Dallas et Tyrell Terry trouve la métaphore pour lui faire comprendre ce qu’il vit.

 

Si j’étais éboueur et que je te disais que je n’aime pas mon travail, que me dirais tu ? En dehors de l’argent, quelle est la différence ?

 

L’épidemie de Covid recule et la NBA reprend son rythme de croisière. Pourtant, à la reprise en 2021, rien ne change. Les Mavericks acceptent de se séparer du joueur. Quelques mois plus tard, Tyrell Terry vit une deuxième expérience en NBA, avec les Memphis Hustle en G-League.

 

L’équipe change, mais pas les problèmes. Les Grizzlies coupent le joueur et après son escapade en Allemagne, le joueur prend la décision de tout arrêter. Il veut trouver des réponses à ses angoisses et décide de reprendre contact avec ceux qu’il a pu décevoir ou ignorer.

 

Je n’avais pas le courage d’avoir une discussion avec certaines personnes. Maintenant que je vais mieux, il est difficile de faire comprendre à ces personnes qu’il n’y avait rien de personnel mais que j’étais tellement mal en point que, franchement, je me sentais bien dans ma solitude.

 

Parmi ces personnes, il y a des amis, d’anciens entraîneurs mais aussi son père. Ce dernier n’a pas parlé à son fils depuis plusieurs années et se sont coupable des décisions qu’a pu prendre Tyrell Terry.

 

J’admire tellement mon père que je pense que s’il avait été dans ma vie pendant que j’étais en NBA, il aurait pu me dire ce qu’il fallait faire pour surmonter cette épreuve. J’avais réussi. J’avais fait tout ce que mes parents voulaient que je fasse. J’ai été admis à Stanford. J’étais riche, mais je ne me sentais pas épanoui. Je savais à ce moment-là que je le faisais, en grande partie, pour eux. Et puis mon père n’est même plus venu… Que ce soit de ma faute ou pas, que ce soit dû à ma santé mentale ou pas, je dirais que j’ai échoué en NBA. Je l’accepte. J’avais le talent, mais ce n’est pas ce qui me motive, ce n’est pas ce qui m’épanouit.

 

Tyrell Terry a démarré un nouveau chapitre de sa vie, loin des lumières et des conflits que peut procurer la NBA.

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