Kareem Abdul-Jabbar fustige la série « Winning Time »

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Kareem Abdul-Jabbar à propos de Winning Time
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Après Jerry West, c’est au tour de Kareem Abdul-Jabbar de critiquer la nouvelle série de HBO. Sur sa page Substack, le créateur du Sky Hook a exprimé sa pensée sans détour.

« Comment autant de personnes talentueuses ont pu se tromper à ce point ? ».  La position du plus grand pivot de l’histoire est claire : il n’a pas du tout apprécié la série. Après le rejet complet exprimé par Jerry West, la série prend à nouveau du plomb dans l’aile.

L’ancien pivot des Los Angeles Lakers explique qu’il n’avait aucune intention de regarder la série. La raison ? Il ne comprend pas l’intérêt de regarder une série relatant des événements qu’il a déjà vécus.

« Regarder 10 heures de l’interprétation d’un autre me paraît être une perte de mon temps. Pour moi, la série serait horriblement familière au fait d’être interviewé par Chris Farley dans le célèbre sketch du « Saturday Night Live » où il a demandé à Paul McCartney des questions comme « Tu te rappelles de tes moments avec les Beatles ? ».

Finalement, après avoir entendu des critiques sanglantes sur la série, il s’est décidé à se lancer. Les spectateurs mettant en avant une mauvaise représentation et des mensonges incessants.

Kareem Abdul-Jabbar récemment

Kareem Abdul-Jabbar précise que son portrait dans la série ne l’intéresse pas du tout et qu’il a appris à accepter les critiques tout au long de sa vie. Par ailleurs, le respect des faits intégral n’est pas sa tasse de thé non plus.

Kareem Abdul-Jabbar pas tendre avec la série

La première remarque de KAJ concerne l’écriture. Il explique que le but d’une production est ne pas être ennuyeuse. Autrement dit, garder l’intérêt du spectateur intact. Selon lui, la série est ennuyeuse de bout en bout.

Les personnages sont extrêmement creux et ne reflètent qu’un trait de leur personnalité. Pour mettre en avant sa pensée, Kareem Abdul-Jabbar fait une comparaison froide de la situation :

« Les personnages sont des représentations grossières en forme de bâtonnets qui ressemblent à des personnes réelles de la même manière que les Lego Hans Solo ressemblent à Harrison Ford. Chaque personnage est réduit à un seul trait audacieux, comme si les scénaristes craignaient que tout ce qui est plus complexe ne mette à mal la compréhension des téléspectateurs ».

Kareem Abdul-Jabbar est conscient de la difficulté de retranscrire des faits historiques de la façon la plus fidèle possible. Mais, traitant de personnes encore vivantes, il ne comprend pas que les producteurs de la série ne cherchent pas à creuser leurs personnages.

Selon lui, ce show est une parodie et il explique que les créateurs ont sciemment remplacé des faits importants pour mettre des éléments dramatiques mais qui n’apportent rien à la série. Se tirer une balle dans le pied comme le veut l’expression.

Il met également en avant l’héritage de certaines personnes qui finit ébranlé par la série. C’est le cas de Jeanie Buss. Fille du propriétaire Jerry Buss, elle travaille dès le rachat de la franchise dans la série. Or, dans la réalité, elle a commencé après l’obtention de son diplôme en business management, et non pas à 17 ans.

Kareem Abdul-Jabbar blâme l’exploitation de la femme dépeinte dans la série. De surcroît, il critique le traitement réservé à Claire Rothman. Il donne un détail qui, pour lui, souligne une misogynie ambiante à l’époque et que le fait que les femmes doivent toujours endurer cela aujourd’hui.

L’inventeur du skyhook évoque ensuite le traitement de son personnage. Il répète qu’il n’est pas touché par cela mais souligne un point déterminant. Dans la série, on voit son personnage utiliser des formulations insultantes à l’égard d’enfants.

Kareem Abdul-Jabbar sous le maillot des Lakers

Il pointe du doigt ce trait de sa personnalité en expliquant que cette représentation peut affecter négativement son entourage et ses activités. Kareem Abdul-Jabbar cite l’impact sur son association caritative « The Skyhook Foundation » :

« Mon association caritative propose des retraites d’une semaine aux écoliers des quartiers défavorisés pour leur permettre d’étudier les sciences tout en restant dans la forêt nationale. Depuis des années, je visite des écoles pour promouvoir l’enseignement des STIM. Mais lorsque les gens voient cette émission et en ressortent avec l’impression que j’abuse verbalement des enfants, ils sont moins susceptibles de soutenir ma fondation. Cela signifie que moins d’enfants pourront participer à ce programme ».

Il termine son essai plus positivement. Kareem Abdul-Jabbar a apprécié la volonté d’Adam McKay de mettre en lumière les pressions exercées sur les hommes noirs à une période plus ancienne. Il salue l’effort sur la représentation de l’équipe, des athlètes et plus globalement de la vie d’un sportif de haut niveau.

Il termine sur un ton sarcastique :

« Oui, il y a une histoire incroyable, convaincante, culturellement perspicace là-dedans. Winning Time n’est juste pas cette histoire ».

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