Le portail des transferts NCAA est-il devenu la Free Agency du College Football ?

PAR Lucas de Carvalho 04 JANVIER 2022 Commenter

À l’aube de l’intersaison 2022, et dans une NCAA qui évolue de plus en plus notamment avec les droits de NIL (Name, Image and Likeness). Loi autorisant les étudiants-athlètes à monétiser leurs images. Un nouveau dossier plutôt sensible revient au cœur des débats, celui du portail des transferts NCAA. Ce système, de plus en plus en vogue depuis quelques années, offre la possibilité aux étudiants de changer d’université en cours de cursus. Dans la grande majorité des cas, le plan sportif l’emporte sur le plan académique et l’on fait face à certaines limites…

Le système de transferts fait partie du paysage du sport universitaire depuis toujours, mais c’est en 2018 que la NCAA a pris un virage crucial vis-à-vis de cette dernière. Avant cette année, il était extrêmement compliqué de rejoindre un autre campus. Les démarches étaient longues et ne se concrétisaient pas forcément. Le portail des transferts a pour but de fluidifier cette démarche pour donner aux étudiants un peu plus de liberté. En effet, les joueurs peuvent décider de s’inscrire sur le portail des transferts sans même l’accord de leur coach et/ou directeur athlétique. En plus de cette simplification du système de transfert, la NCAA a pris la décision de revoir leurs règles d’éligibilité. En effet, avant 2018, les joueurs étaient contraints de renoncer à une saison d’éligibilité.

Les joueurs prenaient donc la décision de ne transférer qu’en cas “extrême” pour ne pas perdre une bonne partie de leur carrière universitaire. Depuis, un joueur qui entre sur le portail des transferts peut alors jouer directement la saison suivante. C’est à cet instant, que le sport universitaire et surtout le football ont totalement changé.

Les étudiants-athlètes ont fait du portail des transferts une sorte de “Free Agency” sans vraiment d’encadrement. Les joueurs qui perdent leur place de titulaire quittent l’équipe sans même se battre pour retrouver leur place, ceux qui voient leur coach partir décident de suivre ce dernier, certains transfèrent même en pleine saison…

D’un point de vue sportif, le portail des transferts a sûrement fait disparaître le rôle de “QB2” qui existe de moins en moins avec les années qui avancent. Les exemples de transferts qui se sont conclus par du positif et une vraie progression sont nombreux. On peut penser à Kyler Murray, Baker Mayfield, Joe Burrow qui ont tous remporté le Heisman Trophy avec une équipe différente de leur commit initial. Mais d’un point de vue moral, le portail des transferts se dirige vers quelque chose d’incontrôlable et la NCAA devrait se pencher rapidement sur le sujet.

Aujourd’hui, près de 1000 joueurs sont inscrits sur le portail des transferts et certaines équipes peuvent souffrir du manque d’encadrement par la NCAA. Notamment, les Sooners qui ont vu leurs deux QB (Caleb Williams et Spencer Rattler) ainsi que plusieurs autres joueurs majeurs quitter le campus de Norman. Et le départ du coach Lincoln Riley y joue, évidemment, un rôle majeur. Le phénomène atteint alors son paroxysme lorsque Dillon Gabriel annonce son arrivée à Oklahoma alors qu’il annonçait son départ de UCF pour UCLA quelques semaines plus tôt…

La NCAA était, il y a encore quelques années, ultra-conservatrice et a décidé de laisser un peu de leste et de liberté aux acteurs majeurs de son association. Comme pour la NIL, le portail possède des limites flagrantes qui devraient être étudiées pour assainir un peu son système de transferts tout en continuant de considérer les libertés et droits des étudiants-athlètes.

 

AUTEUR : Lucas de Carvalho

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