Un oeil dans le rétro : Jackie Robinson la légende du baseball

PAR Sylvain Proulhac 01 FéVRIER 2021 Commenter

Il y a exactement 102 ans, le 31 janvier 1919, naissait la légende du baseball Jackie Robinson. Il fut le premier joueur afro-américain à jouer en Major League Baseball. Le joueur a fait ses débuts avec les Dodgers de Brooklyn le 15 avril 1947, et a été intronisé au Temple de la renommée seulement 15 ans plus tard

Jackie Robinson chez les Brooklyn Dodgers

En plus d’être à tout jamais lié à l’ histoire du baseball, Jackie Robinson est également considéré comme l’une des personnes les plus importantes dans toute l’histoire des États-Unis. En 2006, le magazine The Atlantic l’a classé dans les 100 personnalités les plus influentes de l’histoire du pays, Jackie Robinson a été classé en 35ème position, derrière treize  présidents et devant 30 autres. Le seul autre athlète à être dans le top 100 n’est autre que le légendaire joueur de baseball Babe Ruth.

Son enfance

 

Jack Roosevelt Robinson est né le 31 janvier 1919 au Caire, en Géorgie, une petite ville du sud situé à environ 55 kilomètres au nord de Tallahassee, en Floride. Son deuxième prénom est inspiré par le président Theodore Roosevelt, décédé tout juste 25 jours avant sa naissance. Jackie est le plus jeune des cinq enfants du couple Jerry et Mallie Robinson, tous les deux métayers. Son  père Jerry quitte sa famille six mois seulement après la naissance de Jackie. Seule, sa mère Mallie décide alors de déménager et, huit mois plus tard, la famille prend la direction de Pasadena, en Californie.

Le jeune Jackie en famille

 

Une fois sur place, les Robinson s’installent dans un quartier à prédominance blanche. Le jeune Jackie et ses frères rencontrent alors quelques problèmes, se bagarrent souvent et se retrouvent  impliqués à plusieurs reprises avec les autorités. Issu d’une fratrie de sportifs, Jackie n’est pas le seul athlète de la famille puisque son frère aîné Mack est l’un des plus grands sprinteurs américains de sa génération. Pour preuve, ce dernier terminera deuxième derrière Jesse Owens au 200 mètres aux célèbres Jeux olympiques de 1936 à Berlin.

 

A l’école secondaire de UCLA, Jackie s’essaye à plusieurs sports. Outre le baseball, Jackie pratique également l’athlétisme, le basket-ball et le football. A noter que Jackie est l’un des deux running back de l’équipe de football de l’université, l’autre étant Kenny Washington qui deviendra plus tard le premier joueur noir de l’histoire moderne de la NFL à passer professionnel. Il n’est pas en reste niveau athlétisme puisque Jackie Robinson sera aussi champion de saut en longueur en NCAA. Et, comme si tout cela ne suffisait pas, Jackie va également remporter les championnats de natation et atteindre les demi-finales du tournoi national de tennis, réservé exclusivement aux noirs.

Jackie Robinson s’essaye au foot

Sur le plan personnel, c’est à cette période que Jackie rencontre Rachel Isum, qui deviendra par la suite sa femme.

Direction le service militaire puis Kansas City

 

Jackie Robinson s’engage dans l’armée américaine en 1942. On l’envoie alors à Fort Riley, une base militaire située au  Kansas où il va côtoyer un certain Joe Louis, légende de la boxe qui a notamment été champion du monde des poids lourds. Deux ans plus tard, en 1944, il s’en va a Fort Sam Houston dans la région de San Antonio. Durant cette période, le désormais lieutenant Jackie Robinson alors âgé de 25 ans va faire de parler de lui suite à une action pour laquelle il ira devant la cour martiale. En effet, suivant les exemples de Joe Louis et de Sugar Ray Robinson quelques temps avant lui, Jackie défie délibérément l’ordre d’un chauffeur d’autobus blanc qui lui demande d’aller s’asseoir au fond. Il sera acquitté, mais cet incident ne permettra pas à Jackie de rejoindre les troupes américaines présentes en Europe.

Jackie s’engage dans l’armée

Libéré de son service militaire, Jackie Robinson devient en 1944 l’entraîneur de l’équipe de basket-ball du Samuel Huston College à Austin, Texas pour une saison. Il rejoint ensuite l’équipe de baseball des Monarchs de Kansas City dans les Negro Leagues, pour la saison 1945. Pendant ce temps, à New York, l’ancien joueur de baseball Branch Rickey devenu depuis président, directeur général et copropriétaire des Dodgers de Brooklyn a une idée bien précise en tête. Le moment est venu, surtout dans une ville comme New York, de briser le color-code interdisant les joueurs afro-américains d’évoluer en Ligue Majeur. De son côté, le maire Fiorello La Guardia forme un comité de lutte contre la discrimination. En plus de cela, un conseiller municipal, candidat à sa réélection, distribue à cette période une brochure montrant deux hommes noirs sur la couverture. Sur celle-ci, on voit deux soldats : l’un est un soldat mort, l’autre un joueur de baseball de la Negro League. La légende est directe et sans équivoque « Assez bon pour mourir pour son pays, mais pas assez bon pour le baseball organisé »

Jackie signe son premier contrat

Branch Rickey est à la recherche du joueur idéal pour être le visage de l’intégration du baseball. Jackie Robinson répond à tous ses critères, avec malgré tout une interrogation concernant sa réelle capacité à lancer. Son expérience antérieure à UCLA et le fait d’avoir déjà jouer avec et contre des athlètes blancs sont autant de conditions qui vont finir de convaincre Branch Rickey. Enfin, le manager apprécie particulièrement l’ hygiène de vie de Jackie Robinson, et pour cause le joueur ne boit pas, ne fume pas et n’est pas non plus un coureur de jupons. Une anecdote plutôt marrante ressort de cette période, en effet lorsque ce même Branch Rickey reçu en entretien Jackie Robinson le 29 août 1945, il lui demanda en premier s’il était en couple. Une question à laquelle il connaissait déjà la réponse, et l’exhorta de suite le joueur d’épouser sa copine le plus rapidement possible, conscient certainement des nombreuses tentations auxquelles les joueurs de la MLB sont confrontrées. 

Cette scène a d’ailleurs été immortalisée dans le film The Jackie Robinson Story sorti en 1950, avec Jackie jouant son propre rôle, et plus récemment dans le film 42 avec Chadwick Boseman et Harrison Ford.

Briser le color code

 

L’annonce de la signature de Jackie Robinson le 23 octobre 1945 a eu lieu moins de deux mois après la fin de la Seconde Guerre mondiale. C’est un moment révolutionnaire qui conduit peu de temps après à l’intégration et à la réintégration d’autres ligues sportives professionnelles. Kenny Washington, le coéquipier de Jackie dans le football et le baseball, signe avec les Rams de Los Angeles en mars suivant. Chronologiquement parlant, comme Jackie Robinson a passé un an dans les ligues mineures en 1946, c’est Kenny Washington qui a donc brisé en premier ce color code en entrant dans la NFL à l’automne 1946, soit  avant les débuts de Jackie Robinson dans la Major League Baseball.

Jackie s’apprête à faire ses grands débuts

Dans d’autres ligues majeures telles que la la NBA, c’est en octobre 1950 qu’ Earl Lloyd rompt cette ligne de couleur en jouant avec les Capitoles de Washington, et côté NHL c’est le canadien Willie O’Ree qui sera le premier hockeyeur noir à faire ses débuts avec les Bruins de Boston, en 1958. La signature de Jackie Robinson pour jouer dans la Major League Baseball précède même l’intégration de soldats noirs dans l’armée américaine, qui a lieu en juillet 1948 dans un décret exécutif par le président Harry Truman. Pendant la Seconde Guerre mondiale, 125 000 Afro-Américains serviront outre-mer, mais presque tous étaient dans des unités séparées.

Hank Aaron, autre légende du baseball récemment décédé, déclarera en 1997 au New-York Times a propos de Jackie Robinson et de son rôle dans l’histoire du color code :

« Jackie était un héros du football universitaire, il était beau, intelligent, talentueux avec beaucoup de choses pour lui. Il n’avait pas besoin de ce genre d’humiliation. Et ce n’était certainement pas dans sa nature de le subir en silence. Mais il le fallait. Pas pour lui-même, mais pour moi et tous les jeunes enfants noirs comme moi. Quand Jackie Robinson a desserré son poing et a tourné l’autre joue, il prenait les coups pour l’amour et l’avenir de son peuple »

 

Les débuts à Montréal 

 

Branch Rickey n’étant pas prêt à lancer Jackie Robinson dans les Ligues Majeures tout de suite, il décide donc d’envoyer son joueur de 27 ans dans la seconde équipe des Dodgers, les Royals de Montréal afin de s’aguerrir. Cette décision est en partie conditionner par l’idée de donner aux joueurs et aux fans de la MLB un an pour s’habituer à l’idée de voir un joueur noir évoluer sur le losange.

Les premiers pas de Jackie à Montréal

En 124 matchs avec Montréal, Jackie Robinson montre clairement qu’il est prêt pour performer à l’échelle supérieure. Joueur de deuxième base, Jackie affiche cette saison là des statistiques impressionnantes au bâton avec une moyenne 34,9%, un taux de 46,8% à la base, marquant 113 points tout en volant 40 bases. Parmi ses coéquipiers des Royals de l’époque, mentionnons notamment le futur directeur général des Dodgers de Los Angeles Al Campanis ainsi que le futur gérant des San Francisco Giants et des Chicago Cubs Herman Franks.

 

A cette époque, l’une des plus grandes préoccupations au sujet de l’intégration de la Major League Baseball étant que les fans blancs seraient « éteints » par une équipe intégrée, le succès de Jackie Robinson à Montréal met fin à une partie de ces craintes. L’enceinte de Royals établit même un record de fréquentation à Montréal et c’est, au total, plus d’un million de spectateurs iront voir les matchs des Royals.

Brooklyn Dodgers

 

Convaincu par le déroulement de la saison, Branch Rickey est déterminé et décide donc que Jackie Robinson jouera la saison à venir 1947-1948 à Brooklyn. Même s’il anticipe un maximum les conditions de l’arrivée de son joueur, Branch Rickey rencontre malgré tout des problèmes d’intégration avec certains de ses coéquipiers venus du Sud. Sur le terrain, c’est aussi compliqué pour Jackie Robinson puisque les Dodgers ont déjà de nombreux joueurs évoluant en champ intérieur, avec Eddie Stanky en deuxième base et Pee Wee Reese à l’arrêt-court. Eddie Stanky sort d’une saison au cours de laquelle il a terminé septième au vote de MVP de la ligue, tandis que Pee Wee Reese de son côté a fait mieux en  terminant sixième lors du scrutin. Autant dire que Jackie Robinson fait face à une concurrence très élevée.

John Jorgensen, Pee Wee Reese, Ed Stanky et Jackie Robinson au Ebbets Field

La première base est, quand à elle, pour le moment la propriété de Howie Schultz et de Ed Stevens. Dans ce contexte, l’athlétique Jackie passe donc la totalité de son année rookie à jouer en seconde base. Au cours de cette saison, Jackie Robinson se démarque dans la ligue grâce à de nombreux doubles jeux tournés et terminera troisième à la passe. C’est toutefois à la batte et sur vols de base que la récente recrue de 28 ans va briller. Jackie frappe à 29,7% avec 12 points produits, 31 doubles, 125 points produits et un meilleur nombre de buts sur 29 buts volés. Comme on pouvait s’y attendre dans ce contexte dans la MLB, Jackie Robinson sera toucher par un lancé à neuf reprises fois, soit deux fois plus que la moyenne dans la ligue.

 

Jackie est continuellement mis à l’épreuve. L’ incident le plus notable a lieu en début de saison lorsque, à plusieurs reprises durant leur confrontation, le joueur est raillé de façons racistes par Ben Chapman, le gérant des Phillies de Philadelphie. Interrogé plus tard sur ces épithètes injurieux, Ben Chapman dira seulement qu’il essayait de déstabiliser le joueur, comme il avait pu le faire auparavant avec Joe DiMaggio en l’appelant « Dago » ou encore « Wop » et aussi avec Hank Greenberg en l’appelant « Kike ».

Un athlète au physique impressionnant

Pour Jackie Robinson, les railleries de Ben Chapman sont une épreuve très difficile, et qui ont bien failli le faire craquer malgré son tempérament calme. Jackie dira même plus tard au sujet de ces échanges « Pendant une minute folle et folle de rage, j’ai pensé « au diable la noble expérience de M. Rickey » Les épithètes de Ben Chapman ont cependant un aspect positif déterminant, puisque cela va grandement faciliter l’intégration de Jackie auprès de ses coéquipiers. L’un d’eux, Eddie Stanky, originaire lui même de Philadelphie,  qualifiera par la suite les joueurs des Phillies  de « lâches pour avoir commis des violences verbales contre un joueur qui, comme ils le savaient, ne pouvait pas riposter »

 

Cette scène Ben ChapmanJackie Robinson est dépeinte de façon très réaliste dans le film 42. Une autre scène du film de 2013 met en scène Pee Wee Reese, originaire du Kentucky, mettant son bras autour de Jackie Robinson pour calmer une foule hostile à Cincinnati, une ville à la frontière du Kentucky. Cet événement a d’ailleurs été immortalisé en 2005 avec une statue de Pee Wee Reese et Jackie Robinson à l’extérieur du terrain des Brooklyn Cyclones, en Ligue Mineure. Durant cette saison rookie, Jackie Robinson contribue énormément aux excellentes performances des Dodgers. Et même si cette saison là les Dodgers s’inclinent contre les Yankees dans les Séries Mondiales au cours d’un match sept, Jackie Robinson sera nommé Rookie de l’année dans les Ligues majeures. Les Brooklyn Dodgers établissent cette année un record d’influence en une seule saison dans leur enceinte du Ebbets Field, et les autres franchises en « profitent » également puisque tous les stades affichent complets quand Jackie est en ville.

Ses meilleures années : 1949 – 1953

 

Eddie Stanky est échangé aux Braves de Boston avant la saison 1948, laissant ainsi la deuxième position de base libre pour Jackie Robinson. Maintenant que les problèmes de couleur des joueurs dans la ligue sont brisés, Jackie est rejoint par un autre joueur noir, un receveur nommé Roy Campanella. En tant qu’équipe, les Dodgers finissent l’année 1948 à une décevante 3ème place dans la Ligue Nationale. Mais Jackie Robinson continue néanmoins d’impressionner et devient un batteur très fiable, en terme de points produits. Il inscrit 85 points cette saison là, tout en frappant 12 coups de circuit avec notamment 38 doubles. Avec l’intégration des des joueurs noirs dans les Ligues majeures, le lanceur Don Newcombe rejoint la franchise de Brooklyn en 1949 et suit l’exemple de Jackie en étant élu à son tour  Rookie de l’année en MLB. A noter que c’est la a première année qu’il y a deux prix distincts « Rookie of the Year » dans chaque ligue.

De 1949 à 1953, c’est simple, Jackie Robinson est sans aucun doute possible le meilleur joueur de toutes les ligues majeures de baseball. En 1949 commence alors le début d’une longue période de domination du joueur alors âgé de 30 ans, qui durera pendant cinq saisons, durant lesquelles il finira systématiquement MVP de la ligue. Jackie Robinson joue son meilleur baseball et affiche un incroyable 34,2% au bâton, soit le meilleur de la ligue avec 16 home runs, 124 points produits et 203 coups sûrs. Il réalise également un sommet en carrière en volant pas moins de 37 bases.

 

Sans conteste le meilleur joueur de son équipe, Jackie mène l’équipe aux  Séries Mondiales. Les Brooklyn Dodgers remportent cette année là 97 matchs, un de plus que les Cardinals de St. Louis !! Mais une énorme déception vient encore une fois noircir le tableau  puisque les Dodgers de Jackie Robinson s’inclinent face à leurs rivaux new-yorkais des Yankees qui remportent cette série de playoffs en 5 matchs.

La saison 1949 est avec le recul un summum de la carrière de Jackie Robinson, même si les quatre saisons suivantes seront aussi grandioses. Au cours de ces quatre dernières, Jackie Robinson obtient une moyenne au bâton de 32,6% avec un pourcentage de buts de 42,9% et une moyenne de 104 points produits par saison. Pour ce qui est des statistiques du joueur sur les cinq saisons combinées,  le WAR (Victoires au-dessus du remplacement) de Jackie Robinson  a été de  42,1, le meilleur dans l’ensemble de la Ligue majeure de baseball. Jackie termine alors devant le joueur des Cardinals de St Louis Stan Musial qui finit deuxième (à 41,3) et Robin Roberts, joueur des Phillies de Philadelphie, qui termine troisième avec 37,2.

Jackie met tout le monde d’accord

La suite est moins glorieuse puisque les Dodgers échouent de peu dans leur quête des playoffs en 1950 et 1951, malgré les, toujours incroyables, performances de Jackie Robinson. En 1951, les Dodgers et les Giants terminent la saison régulière à égalité avec 96 victoires. Le dernier jour de la saison régulière, à Philadelphie (qui n’est alors plus géré par Ben Chapman), les Dodgers et les Phillies sont à égalité huit partout en prolongation. Dans le bas de la 12ème manche, les Phillies sont sur toutes les bases, mais ne réussissent pas à marquer ce point décisif pour la qualification.

 

Dans le haut de la 14ème manche, Jackie Robinson frappe alors un coup un home run  légendaire sur une balle lancée par le futur Hall of Famer Robin Roberts, qui était sorti du bullopen et entré en jeu dans la 9ème manche. Les Dodgers remportent  finalement le match 9-8 et rencontrent ensuite les Giants de New York dans une série de trois matchs. Cette série mondialement célèbre se termine en faveur des Giants, grâce à une action d’anthologie réalisée par le joueur de troisième base des Giants Bobby Thomson, connue sous le nom de « Shot Heard ‘Round the World »

Les Dodgers reviennent ensuite en Séries mondiales en 1952 et 1953, mais perdent par deux fois (encore) contre les New York Yankees.

Ses dernières années : 1953 – 1956

 

En 1953, même s’il reste le meilleur joueur de l’équipe, Jackie Robinson, alors âgé de 34 ans, abandonne gracieusement sa place de joueur partant au profit de Jim Gilliam, 24 ans. Après cinq saisons comme starter de l’équipe en deuxième base,  Jackie Robinson devient alors un joueur « utilitaire », puisqu’il joue principalement au champ gauche et en troisième base. Dans ce rôle sur mesure, il continue de prospérer à la fois offensivement et défensivement.

Jackie Robinson avec Larry Doby et Satchel Paige

En 1954, partageant à nouveau son temps de jeu entre la gauche et la troisième, Jackie Robinson fait, malgré les blessures qui le limite à performer seulement 124 matchs de la saison régulière, alors son sixième et dernier match des étoiles. En effet, Jackie Robinson n’est plus un joueur de calibre All-Star sur ses deux dernières saisons (1955 et 1956). Il frappe à seulement 26,6% dans ces deux campagnes, un total bien en dessous de sa carrière qui est de 31,1%. Il joue seulement 105 matchs en 1955 et 117 en 1956.

 

Dernier fait d’arme du joueur, Jackie est encore dans l’équipe des Brooklyn Dodgers qui arrivent finalement à battre les Yankees lors des Séries mondiales. Pour Jackie Robinson cependant, mis a part un vol de base au Ebbets Field dans le premier match, cette série sera tout sauf mémorable d’un point de vue individuel. En fait, le manager de l’époque Walter Alston mettra Jackie sur le banc dans le match 7, pour des raisons qui demeurent à l’heure actuelle encore inconnues.

Jackie Robinson pendant un match All-Star

 

En 1956, les Dodgers perdent le dorénavant match « classique » automnal des playoffs contre les Yankees, avec notamment un  match 7 à sens unique remporté haut la main par les Yankees sur le score fleuve de 9-0. Ce sera la dernière participation au bâton de Jackie Robinson ce soir là. Le joueur est alors échangé aux Giants de San Francisco en décembre 1956, mais il choisit de prendre sa retraite au lieu de partir en Californie.

Fin de carrière et impact 

 

Bien qu’il n’ait joué que dix ans dans les Ligues majeures de baseball, l’impact de Jackie Robinson sur le jeu est indélébile. Ces années passées sur le losange ont été tout simplement superbes. Une citation du joueur résume à elle seule la mentalité de cet incroyable homme et formidable champion :

« Une vie n’est pas importante, sauf dans l’impact qu’elle a sur d’autres vies »

De part ses prouesses offensives, défensives et sur bases, Jackie Robinson a été un choix de premier tour au National Baseball Hall of Fame and Museum en 1962, comme le légendaire joueur des Cleveland Indians Bob Feller. Jackie Robinson et Bob Feller ont été les deux premiers joueurs intronisés au premier tour de scrutin depuis la première classe du Hall of Fame de 1936, année durant laquelle Ty Cobb, Honus Wagner, Babe Ruth, Christy Mathewson et Walter Johnson ont tous été intronisés.

Jackie Robinson avec le révérend Martin Luther King

Quant à son héritage, en plus d’ouvrir la voie à toute une génération de joueurs noirs dans le baseball et tous les autres sports, Jackie Robinson est devenu une figure incontournable dans le mouvement des droits civiques. Jackie Robinson a siégé pendant plus d’une décennie au conseil d’administration de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People). Le joueur sera également un ami très proche du révérend Martin Luther King Jr. Quelques années après avoir pris sa retraite du baseball, Jackie Robinson a révélé qu’il souffrait de diabète. Il meurt d’une crise cardiaque le 24 octobre 1972 à l’âge de 53 ans. Sa femme Rachel, âgé de 98 ans, est quand à elle, toujours en vie.

 

Aujourd’hui, Jackie Robinson est toujours honoré et vénéré dans la Major League Baseball et en Amérique pour l’ensemble de son oeuvre. En 1997, à l’occasion du 50ème anniversaire de ses débuts en MLB, son uniforme numéro 42 a été retiré dans le monde du baseball. En 2019 un musée Jackie Robinson en hommage au jouer a ouvert ses portes au public à Manhattan, New York. Son rôle dans l’histoire ne sera jamais oublié.

 

 

AUTEUR : Sylvain Proulhac

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