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Son parcours, ses expériences, son style de jeu, entretien exclusif avec Benjamin « CFL » Plu…

PAR Lucas de Carvalho 28 JANVIER 2021 Commenter
Benjamin Plu, WR pour les BC Lions en CFL, est de retour en France pour préparer la prochaine saison. Il a gentiment accepté de répondre à nos questions.

Benjamin Plu

The Free Agent : Pour commencer, j’aimerais que nos lecteurs en sachent un peu plus sur toi et ton épopée pour arriver là où tu es aujourd’hui…

Benjamin Plu :J’ai débuté dans le sport qui m’animait et qui m’anime toujours, le football « normal » comme on le connaît mieux ici en Europe. Quand j’étais jeune, j’étais un grand fan, mais j’ai rapidement changé de voie. Je me suis tourné vers les sports individuels donc j’ai commencé le tennis. Ce sont vraiment les deux sports que j’ai pratiqué avant de découvrir le football américain… Après deux ans sans pratique sportive, j’étais au collège avec un gars qui jouait déjà au foot US. Il était QuarterBack et on s’amusait pendant la récré à lancer des balles. C’est vraiment ça qui m’a motivé à me lancer dans ce sport. J’avais de bonnes mains et je trouvais ça fun, donc de là je l’ai suivi et je suis allé m’inscrire au club de ma ville, les Caïmans du Mans. En réalité, je connaissais déjà ce club, je savais que dans ma ville certains jouaient déjà au football, mais si je n’avais pas rencontré ce gars, je n’y aurais jamais été de moi-même.

À mes débuts, j’allais aux entraînements avec en tête le football que l’on nous vend à la télé et j’ai été un peu déçu… Je voyais qu’on était bien loin de ce que l’on pouvait voir sur Internet ou à la télé. Mais j’ai compris que c’était un football bien différent, mais qu’au final on aime tout autant… Cette différence est en train de se rétrécir et l’on s’approche de plus en plus du football d’Outre-Atlantique. Pour ma première année, je joue une demi-saison car j’étais arrivé en cours de saison. Ensuite, je suis allé en section sportive au Mans où les structures et le cadre étaient similaires à celui d’un sport-études. J’évolue là-bas pendant deux ans, avant de partir de chez moi, pour aller à Amiens au Pôle espoir, et jouer avec les Spartiates pour ma première année après le bac. J’ai fait une très bonne saison, tout s’est bien passé pour moi. J’étais donc deuxième année de Junior, mais j’étais double surclassé en sénior pour jouer le Championnat Élite (division 1 nationale). Malgré la saison compliquée sur le plan collectif, j’ai énormément appri sur le plan individuel, grâce notamment à Paul Durant. À la fin de la saison, je suis appelé en équipe de France Junior, pour jouer le Championnat d’Europe où l’on finit vice-champions.

Benjamin Plu

À la rentrée, je retourne au Mans pour deux saisons supplémentaires chez les Caïmans. Avant de partir tenter ma chance en universitaire au Canada, à McGill, avec Valentin Gnahoua (Defensive End à Hamilton en CFL). Ce sont les coaches qui nous avaient repérés, qui avaient vu quelques-uns de nos matchs. On a donc a été invité au camp d’entraînement, qui s’est très bien passé pour moi. Malgré une forte concurrence, j’ai rapidement gravi les échelons et je me suis retrouvé starter très vite.

Mais avec mon manque d’expérience et l’adaptation entre le football américain et le football canadien, j’ai commis quelques erreurs qui m’ont couté du temps de jeu pour ma première année. Mais la saison suivante, j’ai pris en expérience et je suis tout proche de gagner ma place de starter avant le début de saison, mais pendant le camp je me déchire les ligaments de l’épaule, malheureusement… C’est difficile de voir que tout s’arrête du jour au lendemain, mais j’ai décidé de me faire opérer et de faire une rééducation de 6 mois. J’ai fait tous mes soins en France, au Centre de Rééducation du Sportif à Capbreton. Ma prise en charge était parfaite et ça m’a permis de revenir rapidement sur les terrains.

Une fois que j’ai été totalement rétabli, je me suis retrouvé dans la situation où je ne savais pas ce que j’allais faire, je ne suis plus à McGill et les Caïmans sont dans une situation qui allait me faire plafonner… J’ai donc appelé coach « Hippo » des Blacks Panthers qui m’a recontacté pour faire partie du projet à Thonon-les-Bains. Première année, on atteint la finale que l’on perd malheureusement, mais on réitère la même performance l’année d’après et cette fois-ci en emportant le trophée… C’était une année parfaite puisque que l’on finit invaincus, et en plus de ça j’ai la draft CFL qui vient juste après, c’était donc vraiment parfait.

T.F.A : Ce processus de la Draft s’est passé comment ? Comment as-tu vécu cela ?

B.P : C’était la première année, donc c’était un peu compliqué, on a été prévenu assez tard, à raison d’un mois avant de faire le Combine. C’était un chamboulement, parce qu’après cette nouvelle, les objectifs sont complètement différents, et je dois « quitter » mes partenaires pour me préparer physiquement pour les tests. Mais au final, ça a été, le Combine s’est bien déroulé dans l’ensemble, même si je passe complètement à côté de mon 40 yards… Et un mois plus tard, le soir de la Draft je suis sélectionné en septième choix par les BC Lions.

T.F.A : Quel est le receveur en NFL auquel ton style de jeu se rapproche le plus, celui auquel tu t’identifies le plus ?

B.P: J’étais et je suis encore un grand fan de A.J Green le receveur des Bengals de Cincinnati, qui est un peu plus en fin de carrière mais à l’époque je le suivais depuis l’université. Donc oui, un receveur très longiligne, avec beaucoup de longs tracés. Donc voilà, on a, à peu près, le même gabarit et on était tous les deux ce receveurs « deep threat » ( menace profonde).

T.F.A : Quels sont les tracés que tu préfères courir ?

B.P : Il y a la fade que j’aime beaucoup, même si c’est un tracé peu utilisé étant donné le faible taux de réussite. Mais sinon, j’aime bien les longs tracés comme le comeback, mais aussi les tracés interzones comme les curls avec pas mal de profondeur puis l’interzone à aller chercher. Mais je suis aussi très à l’aise avec tous les tracés, les petits comme les slants, les hitchs, les outs,… Franchement, j’ai pas de problèmes avec ça même si forcément j’ai mes favoris…

T.F.A : Sur quels points tu as le plus progressé depuis ton arrivée dans l’organisation des Lions ?

B.P : La façon de comprendre le jeu d’une manière générale, mais surtout la façon de courir les tracés, les courir d’une différente façon mais de toujours arriver dans la même zone au final. C’est plus une question de timming et c’est beaucoup moins précis que ce que l’on apprend en France, où tu dois respecter strictement les distances de tes tracés. Mais aussi le fait d’avoir le choix du tracé selon la couverture que la défense propose. En France on te donne un tracé et tu te dois de le respecter, là il y a des conversions selon le positionnement de la couverture arrière. Il faut donc étudier et apprendre les différentes couvertures défensives pour savoir réagir face à toutes les situations. C’est un peu le même travail que doit faire le quarterback…

T.F.A : Sur quel joueur tu prends exemple dans ce vestiaire ?

B.P : Il y a le receveur Shaq Johnson, qui connaissait bien mon coach à Thonon puisqu’ils avaient joué ensemble à McGill. La connexion s’est faite rapidement et naturellement étant donné que l’on avait cette connaissance en commun. Donc c’était vraiment cool, puisque j’ai été rapidement intégré au reste de l’équipe, et il m’a vraiment pris sous son aile et il veillait à ce que je fasse bien mon travail. J’ai beaucoup appris avec lui, donc je kiffe ce gars et je suis reconnaissant de l’avoir rencontré à mon arrivée.

T.F.A : Il y a deux ans maintenant, tu es sacré champion de France avec les Blacks Panthers. Pendant la rencontre tu marques un touchdown spectaculaire et crucial, j’aimerais que tu nous racontes ton analyse et ton point de vue sur cette action…

B.P: Avant l’action, quand je reçois le jeu que l’on va mettre en place, je sais comment je vais sortir de mon tracé et je me suis dit c’est un long tracé et je vais battre mon défenseur de vitesse. Après, ce n’est pas vraiment la meilleure lecture pour mon quarterback, ça aurait pu être bien plus grave… Mais quand le ballon arrive je suis concentré uniquement sur ça et je pense à rien d’autre que de prendre ce ballon et ne pas le lâcher…

T.F.A : Au moment où tu valides ta réception quel est ton ressenti ?

B.P : D’un point de vue personnel, ça m’a mis en feu ! Je savais qu’après ça j’allais dominer le match. Mais surtout ce que je me suis dit c’est qu’au moment où on score on est vraiment dans le match parce qu’on a vraiment eu du mal à entrer dans notre finale, et je savais qu’on allait dérouler.

T.F.A : Si demain tu étais Free Agent, où signerais-tu et pourquoi ?

B.P : Si je devais être Free Agent, ce que je ne souhaite pas (rires)… Mais plus tôt dans ma carrière, j’avais un rêve quand je suis arrivé à Montréal c’était de jouer pour les Alouettes. C’est une ville que j’ai vraiment aimé, j’ai aimé les supporters et les habitants là-bas. Mais c’est vrai que Vancouver m’a donné une vraie chance et je suis reconnaissant, je ferai mon temps ici pour performer et peut être un jour signer à Montréal, pourquoi pas.

T.F.A : Je vais te laisser le mot de la fin sur le sujet que tu souhaites évoquer

B.P : Déjà, merci à The Free Agent pour l’interview, ça fait vraiment plaisir ! Quand j’ai vue l’interview, ça m’intéressait vraiment et c’est vraiment cool ce que vous mettez en place pour les gens qui suivent le football. Et puis merci aux personnes qui nous regardent et qui nous encouragent. C’est vrai que l’on se rend pas spécialement compte de toutes les personnes qui nous regardent et qui nous soutiennent. On est dans notre truc quoi, on joue au football et on passe nos journées là-dessus mais on se rend pas forcément compte des jeunes qui nous suivent. Ça fait vraiment plaisir !

AUTEUR : Lucas de Carvalho

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