Dominique Wilkins, figure emblématique des Hawks

PAR Sylvain Proulhac 12 JANVIER 2021 Commenter

Il y a tout juste 61 ans, le 12 janvier 1960, naissait un joueur qui allait marquer de son empreinte l’histoire du basket mondial. Dominique Wilkins, surnommé ” The Human Highlight Film” ou encore “Do” était un joueur spectaculaire, un énorme marqueur mais aussi l’un des meilleurs dunkeurs de l’histoire de la NBA. A l’occasion de son anniversaire, retour sur l’histoire de ce joueur légendaire.

(Photo by Tim DeFrisco/Getty Images)

La naissance d’un phénomène 

Jacques Dominique Wilkins est né le 12 janvier 1960 à Paris. Il est l’union d’une mère Gertrude Wilkins et d’un père John Wilkins qui officie à l’époque en qualité de sergent dans l’US Air Force. La famille Wilkins au grand complet, Dominique alors accompagné de ses sept frères et sœurs, décide dans un premier temps de poser ses valises dans le Maryland, du côté de Baltimore. C’est là que le jeune Dominique va donc commencer à se familiariser avec le basketball, dans la cours de récréation de l’école secondaire Dunbar plus exactement. Mais c’est seulement après de nombreux déménagements, lorsque Dominique Wilkins, alors âgé de 15 ans, arrive en deuxième année d’études secondaires que les choses vont vraiment s’accélérer.

Lorsqu’il arrive à Washington, en Caroline du Nord, le jeune homme hésite encore entre la balle orange et l’athlétisme, un sport dans lequel il est aussi particulièrement doué. Doté d’énormes capacités physiques et d’une explosivité bien au dessus de la moyenne, Dominique va finalement trancher et il décide alors de jouer pour l’équipe de la Washington High School. Là, il remportera deux championnats de classe de Caroline du Nord en 1978 et 1979, et sera élu MVP de l’État lors des deux saisons.

Toujours en quête de progression, Dominique Wilkins doit alors faire face à un premier gros dilemme : rester en Caroline du Nord et jouer pour North Carolina State ou réponde aux appels de la fac de Georgia. C’est finalement sa mère qui décidera et Dominique s’ inscrira finalement à l’Université de Georgia en 1979, où il y rejoint l’équipe des Bulldogs pendant trois ans. Son ancien coach, Hugh Durham, se souvient très bien de la façon dont s’était déroulé les discussions afin d’enrôler le jeune talent, comme il l’ a déclarée ensuite à Sports Illustrated :

« Bien sûr que tu peux venir a North Carolina et devenir toi aussi un autre David Thompson (ndlr : joueur ayant marqué l’université de North Carolina) Mais pourquoi ne viendrais-tu pas à Georgia pour être le seul et unique Dominique Wilkins ? »

Ses statistiques de l’époque attirent déjà tous les regards, puisqu’alors âgé de 19 ans, Dominique marque en moyenne de 21,6 points par match et capte pas moins de 7,5 rebonds durant les trois saisons passées à Georgia. Ses qualités physiques et ses exploits acrobatiques lui valent le surnom de « The Human Highlight Film », puisque le joueur assure à lui tout seul le spectacle durant les rencontres. A l’issue de ses trois années, Dominique Wilkins est enfin prêt pour la grande ligue.

Début en NBA

Suivant l’exemple de son frère aîné et ancien joueur NBA Gerald Wilkins, Dominique Wilkins participe à la draft 1982 et est sélectionné en troisième position par le Utah Jazz. L’histoire semble parfaite sauf que le joueur refuse catégoriquement de signer avec la franchise, et demande à être trader. C’est donc en septembre 1982 que « The Human Highlight Film » débarque aux Hawks d’Atlanta en échange des ailiers John Drew et Freeman William. Sa première saison en tant que rookie sera un succès instantané, Dominique Wilkins affichant d’entrée de jeu un très beau 17,5 points de moyenne !! Mais ce n’est que le début, puisque lors de sa deuxième année, en 1983 –  1984, l’intérieur monte en puissance et affole les compteurs dorénavant avec une moyenne de 21,6 points par match. Le début d’une série remarquable de 11 saisons consécutives sous le maillot jaune et rouge d’Atlanta durant lesquelles le jeune prodige tournera au dessus des 20 points par saison.

Le début d’une énorme carrière

Do’ devient alors le meilleur marqueur des Hawks durant la majeure partie de ses douze saisons avec la franchise. Il est également sélectionné pour jouer le NBA All-Star Game pendant neuf années consécutives de 1986 à 1994, et domine la ligue au scoring au cours de la saison 1985-1986. Sous les ordres du coach Mike Fratello, l’équipe composée entre autre de Dominique Wilkins mais aussi de Doc Rivers va finir la saison avec un bilan remarquable de 50 victoires pour 32 défaites, un record de franchise.

Bien évidemment, Dominique Wilkins joue un rôle déterminant dans le succès des Hawks à la fin des années 1980, et sous son impulsion, la franchise géorgienne va enchainer quatre saisons consécutives, de 1985-1986 à 1988-1989, à 50 victoires. Durant cette période, l’arrière va totaliser une moyenne de 29,1 points par match. Autre fait d’arme de « The Human Highlight Film »,  en 1988 lors du All Star Game se déroulant à Chicago, il marque 29 points en 30 minutes de jeux dans l’effectif de la Côte Est. A ses côtés on notera la présence cette année là de Larry Bird, Isiah Thomas, Patrick Ewing et Charles Barkley.

(Photo by Dick Raphael/NBAE via Getty Images)

Suite à cet évènement, il va continuer sur sa lancée avec une moyenne de 31,2 points. L’ année 1988 sera surtout marquée par la demi-finale face aux Boston Cetltics et son duel légendaire avec Larry Bird. Cette saison là, les Hawks manquent de peu d’atteindre la finale de la Conférence Est, le game 7 est un combat énorme entre les deux leaders et malgré les 47 points inscrits par Dominique Wilkins, les Atlanta Hawks s’inclineront de deux petits points. Marqué tout au long de sa carrière par ses face-à-face avec “Gold Hand“, Dominique Wilkins confiera plus tard au Player’s Tribune 

« La première fois que j’ai joué contre lui, je ne l’oublierai jamais. Je vais pour lui serrer la main, et il met ses deux mains derrière son dos. Je me dis, ok.

Première possession du match, il me dit : « Tu n’as rien à faire dans cette ligue, gamin », et il marque un trois points sur ma tête. Un peu plus tard, il recommence. Je suis énervé, donc je pose un gros dunk sur sa tête, et il fait faute. Il me dit : « Rookie, je t’aime bien. Tu as du cœur. Mais je vais quand même mettre 30 points ce soir »

Une désillusion immense pour l’équipe entrainée par Mike Fratello qui n’arrivera jamais a dépasser ce stade de la compétition. Quoi qu’il soit le résultat, cette bataille face à Larry Bird est a tout jamais gravée dans le panthéon de la NBA et a permis à Dominique Wilkins de gagner le respect éternelle de toute la ligue.

Années 90

Malgré des résultats en dessus des attentes du joueur, Dominique Wilkins se plait en Géorgie et décide de rester dans la franchise jaune et rouge. Et comme il n’y a pas que la saison régulière, « The Human Highlight Film » se démarque aussi particulièrement par ses compétences aux dunks. En particulier son dunk signature à deux mains ” moulin à vent “. Sa rivalité avec Michael Jordan lors des finales du Slam Dunk Contest est même devenue légendaire. Do’ remporte le concours à deux reprises, tout d’abord en 1985 au Hoosier Dome d’Indianapolis en y obtenant le  score de 147 sur 150, puis en 1990. Dominque Wilkins se classe deuxième deux autres fois, en 1986 et 1988.

Durant cette période, les Hawks enchainent les qualifications pour les playoffs pendant les neuf des douze saisons avec Dominique Wilkins dans l’équipe. C’est à ce moment là que le jeu de  « The Human Highlight Film » va également évoluer, passant du rôle de simple scoreur à celui de joueur plus polyvalent, capable dorénavant de devenir passeur si le besoin s’en fait ressentir. Grâce à son nouveau rôle dans le cinq, le joueur étoffe son répertoire et établie, lors de la saison 1990 – 1991, un nouveau record en carrière avec 9 rebonds et trois passes décisives par match.

Une première pour l’intérieur alors âgé de 30ans. Jamais blessé jusqu’à présent, Dominique Wilkins se blesse gravement à la moitié de saison 1991-19 dans une rencontre face aux Sixers de Philadelphie, le verdict est sans appel :rupture du tendon d’Achille. Do’ va donc manquer pour la première fois de sa carrière le reste de la saison.

Dire qu’une blessure dans la vie d’un athlète de haut est problématique relève de l’euphémisme, mais celle-ci tombe au pire moment puisque Dominique Wilkins doit alors faire une croix sur la sélection américaine et par conséquent les Jeux Olympiques de Barcelone en 1992.« The Human Highlight Film » ne fera donc partie de l’épopée de la célèbre Dream Team aux côtés de Michael Jordan, Magic Johnson, Patrick Ewing, Scottie Pippen et autre Charles Barkley.

Mais alors que certains pensaient déjà que cette blessure allait marquer la fin de sa carrière, Dominique Wilkins revient encore plus fort, et explose tous les records durant l’année 1992 – 1993. Il s’offre une nouvelle saison avec une moyenne de 29,9 points, dépasse le légendaire Bob Pettit en jouant son 794eme match sous la tunique des Hawks et devient, la même année, le 17ème joueur de l’histoire de la NBA à accumuler 20 000 points en carrière.

Mais l’idylle entre le joueur et sa franchise touche à sa fin puisqu’en 1993 – 1994, a la mi-saison les Hawks décident de se séparer de leur joueur star en l’envoyant aux Clippers de Los Angeles contre l’ailier Danny Manning, premier choix de draft en 1988. Après 12 ans de bons et loyaux services, le meilleur marqueur de l’histoire de la franchise Dominique Wilkins quitte donc la Géorgie pour rallier la Californie. La fin d’une belle histoire donc. Malgré les années, Do’ continue de noircir ses feuilles de matchs à Los Angeles et présente encore des statistiques énormes avec 29,1 points et rebonds sous les ordres de Bob Weiss.

A l’été 1994, il s’envole aux Championnats du Monde de Toronto avec la Dream Team II. Sans surprises, les américains dominent la compétition et « The Human Highlight Film » finit le tournoi avec une moyenne de 12,6 points. Il en ressort auréolé d’un titre olympique, le premier de sa carrière. Moins reconnue que sa prédécesseure, cette équipe américaine mérite néanmoins d’avantage de reconnaissance, comme le dit si bien Charles Barkley dans une formule digne du personnage :

« La Dream team II n’arrive pas à la cheville de la Dream Team d’origine de Barcelone en 1992 mais elle a gagné la médaille d’or et nous ne devrions pas oublier le talent de cette équipe »

De retour aux USA, Dominique Wilkins ne s’éternise pas sous le soleil californien et, libre de tout contrat après une unique saison chez les Clippers, il prend la direction des Celtics de Boston pour débuter la saison 1994-1995. Alors âgé de 35 ans, son association avec Larry Bird ne marquera pas les esprits mais il en profite quand même pour devenir le meilleur marqueur de la franchise cette année là. Et ce malgré une moyenne de 17,8 points par match, soit sa plus faible marque depuis sa saison rookie dans la ligue.

Fin de carrière

L’été suivant, déçu de sa situation dans une franchise de Boston en pleine reconstruction, Do’ se lance un nouveau défi et prend cette fois-ci la direction de l’Europe et plus précisément le Panathinaikos. A Athènes, Dominique Wilkins reste dans ses standarts avec en moyenne de 20,9 points et 7,0 rebonds en 14 matchs pour le Panathinaikos. Il atteint en 1996 le Final Four de l’Euroligue se déroulant a Paris, et remporte le trophée avec sa nouvelle équipe mais aussi le titre de meilleur joueur de la compétition. La suite  est plus anecdotique mais, toujours aussi affamé et amoureux du jeu, Dominique Wilkins va multiplier les aller-retours entre les USA et le vieux continent.

Tout d’abord, à maintenant 37 ans « The Human Highlight Film » retourne en NBA, au Texas plus exactement chez les San Antonio Spurs pour la saison 1996 – 1997. Une saison durant laquelle, profitant des nombreuses blessures de l’effectif, Dominique Wilkins va disputer pas moins de 63 matchs pour une moyenne de 18 points. Il retourne ensuite sur le vieux continent à Bologne en Italie pour une saison dans la continuité de la précédente, avec certes moins de matchs mais toujours une moyenne élevée de 17,8 points par match.

A désormais 40 ans, sa dernière aventure le conduit en Floride, aux Magic d’Orlando mais ses capacités physiques ne lui permettant plus de lutter avec la nouvelle génération, Do’ se retire au même moment que son frère Gerald Wilkins qui évolue à ses côtés. Le symbole est fort et la fin ne pouvait être plus parfaite pour ce joueur ayant marqué a tout jamais l’histoire de ce sport.

L’heure du bilan 

Lorsque Dominique Wilkins prend sa retraite en 1999, il occupe la neuvième position au nombre total de points marqués dans l’histoire globale de la NBA avec plus de 27 000 points inscrits. En 2001, les Hawks d’Atlanta lui rendent hommage en retirant le maillot numéro 21 de Dominique « The Human Highlight Film » Wilkins. Ce dernier devient ensuite vice-président du basketball de l’équipe en 2004. Le joueur a par ailleurs été intronisé au Naismith Memorial Basketball Hall of Fame en 2006 avec Joe Dumars et Charles Barkley avant d’entrer au Georgia Sports Hall of Fame en 2004, puis au Temple de la renommée des sports d’Atlanta en 2005 et enfin au National Collegiate Basketball Hall of Fame en 2016.


Par la suite Do’ s’est énormément engagé en travaillant notamment avec l’ancien président de la Chambre Newt Gingrich sur le Programme national d’éducation sur le diabète afin de promouvoir la prévention de ce dernier. Dominique Wilkins a également été actif au travers la Fondation de recherche sur le diabète juvénile, la Fondation de la fibrose kystique, les Jeux olympiques spéciaux, la Muscular Dystrophy Association et l’American Lung Foundation. Il est également ambassadeur du diabète pour Novo Nordisk, un chef de file mondial dans le traitement du diabète. Et enfin, Dominique Wilkins est représenté devant la légendaire salle des Atlanta Hawks la State Farm Arena sous la forme d’une statue en bronze de 18 500 livres érigée en son honneur en mars 2015.

AUTEUR : Sylvain Proulhac

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