Forces et Faiblesses des équipes NBA : La division Central

PAR Maxime Le Gorjus 10 DéCEMBRE 2020 Commenter

La saison NBA fait son grand retour après une interruption causée par le coronavirus et une fin au sein de la bulle d’Orlando. A l’aube du retour sur les parquets des athlètes de la planète basket, nous proposons une mise en revue des forces en présence. Aujourd’hui nous allons nous concentrer sur la division Central.

Vous pouvez aussi retrouver nos autres preview :

Une Division dominée par les Bucks de Milwaukee et les Pacers d’Indiana d’un coté, et des équipes en reconstruction et au bilan catastrophique de l’autre.

Chicago Bulls

Bilan 2019-20

Après une nouvelle année de désillusion, du changement est à venir avec un bilan de 22 victoires pour 42 défaites et une 3ème place de la division sans play-off ni bulle.

Les Forces :

L’arrivée de Billy Donovan, l’ancien coach du Thunder vient pour encadrer une équipe de jeunes prometteurs. Après une nouvelle désillusion en playoffs, éliminée au 1er tour, et 5 ans au sein de la franchise, la direction et lui, décident de mettre fin à leur collaboration. Il signe dans la foulée à Chicago. Fort de l’expérience de ce coach, le nouvel encadrement de l’équipe compte sur lui pour avoir des résultats à court et moyen terme.

Les jeunes arrivent à maturité. Zach LaVine vient de finir sa meilleure saison en compilant 25 points, cinq rebonds et quatre passes de moyenne. C’est le leader de l’équipe, c’est le franchise player. Il affiche ses meilleures statistiques en carrière. Il compile quatre matchs à plus de 40 points. Enfin, il réalise son record en carrière avec 49 points et 13 paniers derrière l’arceau des 3 points. À 25 ans, le joueur arrive à maturité pour démontrer tout son potentiel et afficher son rôle de leader.

Le retour de Lauri Markkanen est une bonne nouvelle. Le joueur revient d’une grosse opération au cœur. Pour son retour, qui n’est pas sans rappeler celui de Ronny Turiaf il y a quelques années, Il a joué 50 matchs pour 15 points, six rebond et une passe de moyenne. L’association des deux joueurs est prometteuse avec d’autres jeunes.

Le rookie Patrick Williams drafté en 4ème position au poste d’ailier au gabarit de 2m03 pour 102 kg en provenance des Séminoles de Florida States où il n’a passé qu’une saison avec presque 9 points, quatre rebonds pour 22 minutes à un intéressant 46% à 2 points et 32% à 3 points.
À sa sortie du lycée, il était déjà prévu à la 22ème place pour cette draft.

À noter également, la montée en puissance du français Adam Mokoka qui vient de re-signer un contrat two way. Ils font de cette jeunesse la force de cette équipe.

Faiblesses :

Les anciens joueurs de l’effectif sont d’un niveau très faible pour encadrer la jeunesse. En effet des Garett Temple, Taddeus Young et autres Tomas Satoransky sont sur la pente descendante. Il s’agit de joueurs de devoir. Ils sont, certes, volontaires mais leur niveau laisse à désirer. Il leur faudra démontrer leurs capacités à valoriser les jeunes joueurs et ne pas les handicaper, que ce soit sur des postes de titulaires ou en deuxième équipe sortie du banc.

Le processus de reconstruction semble n’en plus finir. Depuis 2017 et les départs de Jimmy Butler et de Derrick Rose, l’équipe peine à se reconstruire. Cette intersaison, toute l’équipe dirigeante a été changée avec les arrivées du général manager John Paxon et du vice-président des opérations basket Arturas Karnisovas. Il y a donc encore une instabilité qui demande du temps pour faire ces preuves.

Projections pour la saison à venir

Enfin, après cette saison, certes particulière, il n’en demeure pas moins que le niveau de l’équipe reste faible et les incertitudes nombreuses. L’équipe ne peux faire que mieux et le niveau de Markkanen conditionnera beaucoup de choses. En l’état les Bulls n’ont que très peu de chance de finir dans le wagon des dix premiers de la conférence et espérer re-gouter au plaisir des playoffs.

Cleveland Cavaliers

Bilan 2019-2020 :

C’était la pire franchise de la conférence Est avec 19 victoires pour 46 défaites soit seulement 29% de victoires sur 62 matchs. Ils n’ont donc logiquement pas participé à la Bulle d’Orlando. Ils ont obtenu le 5ème choix lors de la Draft 2020.


Forces :

Il y a les 2 leaders et All stars, Kevin love et André Drummond qui vient d’activer la clause de sa dernière année de contrat à 29 millions de dollars. Ils ont compilé respectivement 18 points, 15 rebonds pour Dédé et 18 points et 10 rebonds pour Love. Les 2 joueurs sont les leaders du secteur intérieur. Colin Sexton a, pour son année de rookie, compilé près de 21 points de moyenne. Nous avons donc trois joueurs qui apportent 59 points de moyenne ce qui constitue une bonne base de travail.

Le Rookie Isaac Okoro, drafté en 5ème position en provenance de Auburn, redonne de l’espoir à la franchise. Il a compilé 12 points, quatre rebond et deux passes de moyenne en 28 matchs pour 31 minutes de moyenne. Il a été choisi dans la 1ère équipe défensive de la conférence SEC par les coaches. Ce genre de profil très défensif est une pièce importante qui manquait dans l’équipe.

Au total l’équipe compte beaucoup de jeunes joueurs rookies ou sophomores (2éme année). Cette jeunesse est une chance. Elle peut augurer d’un avenir meilleur à moyen terme.

Faiblesses :

La défense est aux abois. Les Cavs encaissent beaucoup trop de points, 115 points encaissés pour seulement 107 marqués. Certes l’écart ne semble pas énorme mais dans les faits le différentiel de -7 est le pire de la ligue derrière les Warriors.

La raison est que les joueurs expérimentés ne jouent pas leur rôle. André Drummond pense à ses stats et à son contrat et Kevin Love rêve d’être transféré. De ce fait, au lieu de jouer collectif, chacun pense à ses statistiques qui sont plutôt flatteuses. 

Le départ de Lebron James a été un cataclysme pour la franchise. Mais on peut se demander si rajouter chaque année des jeunes joueurs avec des cadres individualistes a un réel sens et constitue un réel processus. Le départ de Tristan Thompson marque bien le manque total d’attractivité de cette équipe qui surpaye des joueurs en quête de statistiques pour mieux rebondir ailleurs.

Projections pour la saison à venir

Cette équipe est aujourd’hui la risée de la ligue. Elle est loin de son glorieux passé pourtant récent de 4 finales consécutives. On ne peut pas espérer mieux que l’année dernière donc finir dernier de la ligue et envisager de récupérer le choix numéro un pour la draft 2021 qui s’annonce prometteuse.

Detroit Pistons

Bilan 2019-2020:

Le triste bilan est de 20 victoires pour 46 défaites soit 30% de victoires. Un bilan catastrophique au niveau de ceux des Bulls et des Cavs. L’équipe a terminé en fin de conférence Est. Ils n’ont pas participé à la bulle d’Orlando et ont obtenu le 7ème choix de draft. 

Forces :

Le secteur intérieur est une vraie force. Blake Griffin est revanchard après une saison moyenne. Il revient de deux opérations au genou qui l’ont privé d’une grande partie de la saison. L’émergence de Sekou Doumbouya, drafté en 2019, à son poste d’ailier fort, le motive d’autant plus. Les pivots expérimentés Plumlee et Okafor complètent un secteur qui peut faire peur à beaucoup d’équipes.

Killian Hayes est le 7ème choix de la draft. Le coach l’annonce déjà comme titulaire. En effet Derrick Rose est très fragile mais expérimenté. Il servira de mentor au jeune prodige français. Il est déjà expérimenté au niveau professionnel avec ses expériences à Cholet et Ulm en Eurocup.

Il y a donc des jeunes joueurs draftés, bien encadrés par des vieux briscards. En effet, la franchise a recruté le 3ème frère Ball, Li Angelo, Isiaih Stewart, Saddiq Bey et Saben Lee. Cette force de frappe est un atout essentiel. La franchise pense vraiment à moyen terme.

Faiblesses :

La blessure de Blake Griffin l’année dernière a démontré le peu de fiabilité de l’équipe. Les résultats ont été catastrophiques et ce malgré l’émergence des jeunes joueurs. Il est le franchise player et sa fragilité est aussi celle de l’équipe. L’absence de résultats a démontré toute la dépendance de l’équipe envers Griffin et Rose, lui aussi très fragile.

L’équipe dirigeante n’a pas fait de choix entre développer leurs jeunes joueurs pour un avenir à moyen terme ou recruter des joueurs expérimentés pour un avenir à court terme. Ils risquent ainsi de priver de temps de jeu les jeunes joueurs. Cette incertitude et cette inconstance dans la direction sportive laissent perplexe.

L’équipe est déséquilibrée. Il manque de vrais shooters au poste 2, en sortie de banc, pour accompagner les meneurs. L’équipe est résolument tournée vers la défense. L’année dernière elle a été classée 27ème au nombre de tentatives de shoots. La montée en puissance de nos frenchies est un signe car les joueurs français sont réputés dans la ligue pour être de bons défenseurs. 

Projections pour la saison à venir

Pour conclure, cette équipe a beaucoup d’atouts avec lesquels le coach va devoir jongler. Le potentiel est là, reste à le concrétiser par des résultats. Si l’alchimie délicate entre les joueurs expérimentés et des jeunes en quête de temps de jeu fonctionne, alors on peut espérer voir l’équipe se battre pour la 8ème ou la 7ème place de la conférence Est synonyme de playoffs.

Indiana Pacers

Bilan 2019-2020:

Le Bilan de l’année est de 45 victoires pour 28 défaites et une 2ème place de division derrière les Bucks et une 4ème de la conférence Est. Ce bilan est malgré tout entaché d’une élimination au 1er tour des playoffs par le Heat de Miami, les Pacers sont sweepés en 4 matchs.

Forces :

TJ Warren, pour sa première saison dans l’Indiana, a éclaboussé la ligue de son talent. Il a battu son record en carrière en inscrivant 53 points. Il est le 3ème joueur de l’histoire de la franchise à franchir ce cap après Reggie Miller et Jermaine O’neil. Le shooter est la 1ère option offensive de l’équipe, en l’absence de Victor Oladipo. Il est une menace en pénétration mais aussi à 3 points avec 40% de réussite.

Il existe un équilibre avec le secteur intérieur et Sabonis. Il est la pièce centrale du système défensif de l’équipe et le gardien de la raquette. Il a fini la saison en double-double, 18 points pour 12 rebonds. Il est secondé par Myles Turner et Doug McDermott. Il y a donc un gros potentiel qui contrebalance la grosse densité de shooters.

Cette équipe arrive à pleine maturité. Il y a non seulement un cinq majeur très consistant mais aussi un banc. Jeremy Lamb revient d’une blessure au genou. Il est potentiellement une vraie arme de la seconde unité en sortie de banc avec une grosse marge de progression. Le retour de Victor Oladipo à un niveau All-Star est aussi une pièce essentielle pour les Pacers.

Faiblesses : 

Nate Bjorkgren a été nommé cet été en provenance de Toronto où il était assistant coach. Il s’agit de sa 1ère expérience comme head coach. Sa mission consiste à faire passer un cap à l’équipe en particulier en playoffs. Il s’agit d’un pari pour l’équipe dirigeante qui peut laisser sceptique.

Le problème d’avoir un effectif si complet, c’est qu’il n’y a plus de place dans le salary cap pour faire des ajustements éventuels. La richesse de l’effectif peut permettre des échanges mais pas de recrutement direct. La politique de proposer des contrats non max à une star, peut à terme, entrainer des envies d’ailleurs pour certains joueurs. 

La profusion de meneurs dans l’effectif peut générer des tensions dans le vestiaire. Il est vrai que cet empilement va laisser peu de temps de jeu à tous les joueurs. Le challenge du nouveau coach va consister à trouver un équilibre entre stimuler une concurrence tout en ménageant les egos.

Projections pour la saison à venir

Il y a un effectif qui arrive à pleine maturité. Ils viennent de jouer les playoffs pour la 5ème année consécutive. Le problème, que le nouveau coach devra résoudre, est de briser le plafond de verre. Car si l’équipe participe au playoffs, elle est presque systématiquement éliminée au 1er tour. En plus pour la deuxième année consécutive ils ont été sweepés 4-0 par les futurs finalistes. La projection est entre la 4ème et la 6ème place de la conférence Est.

Milwaukee Bucks

Bilan 2019-2020:

56 victoires pour seulement 17 défaites. Ils ont le meilleur bilan de la ligue en saison régulière et ont donc logiquement gagné la division. Ils étaient favoris pour le titre. Ils ont été éliminés en demi-finale de conférence face au Heat. Nouvelle grosse désillusion pour la franchise.

Forces :

Le double MVP en titre, Giannis Antetokounmpo est le franchise player, la star de l’équipe. Il y a un gros point d’interrogation sur son avenir. Il est vrai que son contrat arrivera à échéance à la fin de la saison. Son avenir, s’il re-signe dans les prochains jours, va conditionner la saison de l’équipe. Il a affiché des statistiques incroyables, près de 30 points, 14 rebonds, quatre passes et un contre de moyenne par match. En plus de son titre de MVP, il a également été élu meilleur défenseur de la ligue ce qui montre, s’il fallait encore le démontrer, le talent de ce joueur hors norme à 26 ans.

Le cinq majeur ce compose en plus du greek freak, de la seule recrue de l’intersaison Jrue Holiday au poste de meneur. Il y a également Khris Middleton, Pat Connaughton et Brook Lopez. Le cinq est très équilibré avec de très bons joueurs à chaque poste et qui peuvent faire peur à toute la ligue.

L’équipe affiche une très grande maturité. Il y a peu de très jeunes joueurs, les principaux joueurs ont entre 24 et 35 ans. Cette maturité construite autour de Giannis est un élément essentiel si l’équipe veut allez loin. 

Faiblesses :

La profondeur du banc est limitée en nombre, à certains postes et en qualités. Par exemple il n’y a que deux pivots de métier, Brook Lopez et Justin Paton. Le jeu de ses dernières années est de développer autour du tir extérieur, d’où la présence en nombre (8) de meneurs-shooters et d’ailiers. Sur le plan qualitatif, à l’exception de D.J. Augustin et de DiVincenzo qui peuvent apporter un vrai plus, le reste de l’effectif semble bien faible. Pour aller loin en playoffs cela constitue une très grande faiblesse sans compter les blessures et autre Covid.

Il faut ajouter que cette équipe est constituée de joueurs, certes expérimentés et de devoir, mais en saison régulière seulement. Pour les playoffs c’est différent, Antetokounmpo n’a que 46 matchs de playoffs depuis 2015. Les éliminations prématurées ces dernières années et le recrutement de joueurs aussi peu aguerris aux joutes de fin d’année sont de réels handicaps pour l’équipe.

Le cas Khris Middleton est symptomatique des difficultés de l’équipe. Ses statistiques ne le reflète pas, en moyenne elles sont identiques en saison régulière et en playoffs, mais à la vue des matchs, le joueur n’est pas à la hauteur de son statut. Lui, à qui on a confié la responsabilité de seconder Giannis, ne s’est pas montré décisif, clutch dans les matchs importants.

Projections

Les Bucks sont un candidat très sérieux pour recevoir le trophée Larry O’Brien mais… Car il y a un très grand mais. Tout ou presque repose sur le choix de Giannis Antetokounmpo. S’il choisit de prolonger, l’équipe fera partie des favoris. Sinon tout le processus mis en place par l’équipe dirigeante tombera à l’eau et le risque d’une déroute comme Cleveland après le départ de LeBron James plane au-dessus de l’équipe.

AUTEUR : Maxime Le Gorjus

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