David Ojabo : un joueur de l’université de Michigan bloqué en Ecosse

droits d’auteur : WolverinesWire

C’est une histoire à la fois insolite et triste. David Ojabo un « defensive lineman » de l’université de Michigan est bloqué en Ecosse depuis plusieurs mois. Il ne peut pas rejoindre ses coéquipiers. En effet lorsque les campus ont fermé à la mi-mars David Ojabo a dû rentrer chez lui en Ecosse.

Ojabo est né au Nigeria mais vit depuis 2007 en Ecosse, et a un passeport du Royaume-Uni. A cause du « travel ban » imposé par les Etats-Unis il ne peut plus rentrer et retrouver ses coéquipiers. Certains ont d’ailleurs repris l’entraînement sur la base du volontariat.

Ojabo n’a pas toujours été un joueur de football. Il a d’abord commencé par jouer au soccer comme disent les américains, au basketball et surtout faire de la course sur piste. Il est d’ailleurs venu aux USA pour jouer au soccer avant de finalement se lancer dans le football.

Une situation difficile

Ojabo s’est exprimé dans un tweet à propos de cette situation particulière liée au virus. On peut imaginer sa frustration d’être bloqué loin de son équipe qui reprend doucement l’entraînement.

« Ca craint d’être bloqué hors du pays et loin de mes coéquipiers. On dirait un rêve qui n’en finit plus. Mes frères me manquent. »

A la suite de ce Tweet un hashtag a été lancé #freeoJabo (libérez Jabo.) Même s’il s’agit d’une blague partagée par lui et ses coéquipiers cela donne une idée de comment il se sent.

Il s’est également confié à The Detroit News à ce sujet :

« Vous pouvez penser que je mens, mais je vis depuis seulement avec ma valise. S’ils me disent de venir, je lave ce dont j’ai besoin et je la referme. Je n’ai pas vraiment déballé mes affaires depuis que je suis arrivé. Voilà à quel point j’attends. Sans rire »

« Je pensais que j’allais seulement rester chez moi pour deux ou trois semaines. Puis rapidement, les semaines se sont transformées en un mois, puis deux, puis trois. Pendant tout ce temps je me suis dit ‘peut-être que j’arriverais à avoir un vol pour rentrer’ j’ai fait pour garder une bonne santé mentale. Mais rien. Alors je ne déballe pas mes affaires pour ne pas trop m’attacher à rester chez moi. »

Un choix compliqué mais nécessaire

Malgré sa passion pour son équipe et son université Ojabo lorsque les choses ont commencé à devenir tendues en ce qui concerne le virus a rapidement pris la décision de rentrer chez lui pour être proche de siens.

« Dès lors que nous avons eu des signes que le monde entier allait s’arrêter, je suis dit ‘Non, je ne peux pas rester coincé en Amérique, je dois être avec ma famille. Je ne rentre chez moi qu’une fois par an. L’an dernier je ne suis pas rentré du tout. J’étais loin de chez moi pendant un an. Alors je me suis dit ‘Non, il n’y a pas moyen que je reste bloqué (aux USA) toute ma famille serait loin sans moi, sans savoir quand je rentrerai, sans savoir s’il y aurait quand même une saison »

Une incertitude totale

A l’heure actuelle David Ojabo ne sait toujours pas s’il va pouvoir retrouver ses coéquipiers dans le Michigan. Dans la mesure aussi où l’Etat américain avait prévu de ne pas permettre aux étudiants étrangers de rester en Amérique si les cours sur le campus ne reprenaient pas. Cette décision a depuis été annulée grâce à de nombreux recours de certaines universités comme Harvard ou MIT. Mais la situation reste très tendue.

Un casse-tête aérien

David Ojabo a pensé à plusieurs portes de sorties pour pouvoir retrouver ses coéquipiers. Comme par exemple aller au Canada pour ensuite rejoindre les Etats-Unis. Voire même prendre un vol pour l’Australie, se mettre en isolation pendant 14 jours pour ensuite rejoindre les USA. Mais ces options sont compliquées et onéreuses. Même si l’université de Michigan a essayé de l’aider à régler ce problème les choses n’avancent pas.

Les Wolverines devraient reprendre seulement à l’intérieur de sa conférence BIG 10, comme nous vous en avions parlé. Mais il plane toujours d’énormes incertitudes à cause de la crise sanitaire liée au coronavirus. Les USA sont encore très touchés et continuent chaque jour de battre des records contamination. A titre indicatif l’Etat du Michigan a enregistré presque 4000 nouvelles contaminations cette semaine.

Un soutien fort de son équipe

C’est peut-être le beau côté de cette histoire. Le coach des Wolverines et ses coéquipiers ont été là pour OJabo et ont continué d’interagir avec lui malgré la distance. Les quelques 5700 kilomètres qui séparent Ojabo de ses coéquipiers n’ont pas été suffisants pour briser le lien fort qui unit une équipe.

« Coach Nua a été celui qui m’a apporté le plus de soutien. Je ne sais pas du tout où j’en serais sans lui, car il prend constamment des nouvelles de moi. Vous savez les coachs sont occupés et ont leur propre vie, mais la façon dont il s’occupe de moi et demande des nouvelles, c’est presque comme si j’étais l’un des siens. J’apprécie vraiment ce qu’il fait. »

Une expérience unique

Enfin Ojabo parle de la singularité de cette expérience. Une singularité qui n’est finalement une parmi tant d’autres dans sa jeune carrière.

« C’est juste une autre difficulté à laquelle je dois faire face. Une partie de l’histoire. C’est cette façon de voir les choses que Coach Nua m’a inculquée. Au lieu de voir cela comme un obstacle ‘Oh quelque chose d’autre s’ajoute’ j’essaie plutôt de penser ‘J’ai mes attentes, mes objectifs, mes rêves, tout est en train de se déplier lentement devant moi, mais à la fin de la journée, tous ces obstacles, qui aurait vraiment pensé que je me plaigne d’être bloqué en dehors des USA pour jouer au football quand j’y suis venu à la base pour le soccer? »

« Je dois y penser ainsi. Tout est une question d’état d’esprit. Tout ceci fait partie de l’histoire. Car, quel autre gars qui vient d’Ecosse connaissez-vous qui joue en Division I au football ? Ça ne semble même vrai quand je le dis. Cette aventure, mon histoire d’Ecosse vers le Basketball, puis le soccer et enfin le football, pour au final être bloqué à l’extérieur du pays, je vais en écrire un livre. Il en train de s’écrire lui-même. C’est frustrant quand j’y pense car j’avais hâte de passer un cap. Je n’ai pas joué la saison dernière, et c’est dur de ne pas pouvoir être là pour leur montrer de quoi je suis capable. »

On ne peut que souhaiter que tout ceci s’améliore pour lui et son équipe.

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