NHL : Zibanejad, un prince à New-York

Les Rangers de New York connaissaient une saison encourageante pour une équipe en transition. De nombreux vétérans et membres importants du noyau les ayant menés à la finale de la Coupe Stanley sont partis ou sur le déclin. Mika Zibanejad, 27 ans et 8 saisons dans la ligue, fait maintenant figure de leader. Un prince suédois pour prendre la succession du Roi Henrik ?  Portrait d’un jeune vétéran qui éblouit les fans du Garden.

Un polyglotte mélomane

À l’instar d’un Zlatan Ibrahimovic, Mika Zibanejad est un exemple de l’intégration suédoise. Né d’un père iranien, d’une mère finlandaise, Zibanejad parle suédois, farsi, finlandais et anglais. Comment donc ne pas s’épanouir dans la ville aux 800 langues ?

Ce n’est pourtant pas le seul talent du suédois. Il use de son temps libre pour produire de la musique. Il a même pu entendre l’un de ces titres lors de la cérémonie de présentation des Rangers au Madison Square Garden.

6ème choix au total en 2011

À son année de repêchage, Bob McKenzie, le pape des prospects sur TSN, le décrivait comme un « grand gaillard avec de bonnes mains et de bonnes habiletés offensives qui peut jouer physique ».  Son talent intrigue et il grimpe rapidement au classement d’évaluation de sa « draft class ». 19ème lors du classement de mi-saison, Mika connaît une bonne saison avec Djugardens, dans la ligue élite de Suède où il s’incrit 9 fois au pointage en 26 matchs. Plutôt intéressant pour un jeune de 17 ans dans une ligue d’hommes.

Dans un repêchage incluant des noms comme Gabriel Langdeskog, Ryan Nugent-Hopkins, Jonathan Huberdeau ou Sean Couturier, Zibanejad fait office de carte cachée. Ottawa saute pourtant sur lui au 6ème rang.

Brayn Murray, l’historique DG des Sens, explique son choix par les talents offensifs du suédois et par sa maturité. « Nous cherchions un attaquant capable d’avoir un impact dès cette saison ou la saison prochaine. »

Retour en Suède

Malgré un camp d’entrainement intéressant et 9 matchs avec l’équipe durant lesquels il inscrit son premier point, il est renvoyé au pays pour achever sa formation. Il est vrai que le groupe à l’attaque des Senateurs étaient plutôt garni cette année-là. Spezza, Alfredson, Kyle Turris, Mike Hoffman, Milan Michalek …

Il améliore alors son total de points de l’année précédente : 13 points en 26 rencontres insuffisants toutefois pour participer aux séries. Malgré ces deux désillusions 2011-2012 restera à jamais graver dans sa mémoire et celles des Suédois.

Le héros national

Il participe en décembre 2011 aux championnats du monde juniors en Alberta. Avec 3 buts, il permet à la Suède de se qualifier directement pour la demi-finale face au grand rival finlandais. Le match se rend aux tirs de barrage et Max Friberg propulse les Juniorkronorna en finale.

Le match face à la Russie est âprement accroché, tout comme celui qui s’était terminé par une victoire en tirs de barrage pour les suédois au premier tour.

Une nouvelle fois la prolongation sera nécessaire pour départager les deux équipes.

0-0 après 70 minutes de jeu. Nikita Kucherov sort de son territoire avec la rondelle mais est arrêté devant le banc des suédois. La rondelle se retrouve entre lui et son défenseur, c’est alors que Zibanejad se repliant au centre de la glace saute sur cette dernière, accélère pour éviter le retour du défenseur, coupe au filet et du revers trompe Makarov dans la partie supérieure.

Ce but suscite l’explosion à Stockholm, Mika vient d’offrir à la Suède son premier titre mondial junior depuis 1981.

Des débuts encourageants  

Zibanejad fait le grand saut lors de la saison écourtée par le lock-out en 2012-2013. Il commence alors l’année dans le club école de Binghamton au côté de Ben Bishop, Kyle Turris, Jakob Silverberg entre autres. Totalisant 11 points en 24 matchs, il est rappelé le 28 janvier 2013.

Il ne lui faut pas longtemps pour inscrire son premier but. Le 30 janvier, il profite d’un avantage numérique pour toucher la cible avec un peu de chance.

Durant cette saison écourtée, il produit en moyenne un point tous les deux matchs.

Il vient une nouvelle fois hanter les Canadiens en première ronde des séries en marquant un but prépondérant dans le match 4. Les Sens seront toutefois éliminés par les Penguins au 2ème tour.

Une déception avant une confirmation

Retranché du camp, il commence la saison 2013-2014 dans la Ligue Américaine. C’est un choc pour lui mais rapidement rappelé, il connait une bonne année touchant 16 fois le fond du filet.

Les deux saisons suivantes, sa production offensive est constante. Il termine chacune avec 46 et 51 points. Il signe un contrat de deux ans et 2,1 millions de dollars en 2015. Le 27 février 2016, il marque son premier hat-trick, le tour du chapeau le plus rapide de l’histoire des Sens en 2 minutes 38 secondes.

Cette saison marque un tournant pour Ottawa qui ne se qualifie pas pour les play-offs. Bryan Murray se retire, luttant contre un cancer. Pierre Dorion, son assistant prend le relais. Il décide alors de mettre en place Guy Boucher en tant qu’entraineur-chef.

Le départ à New York

Ces grands changements mènent au 18 juillet 2016. Dorion échange Zibanejad à New York en retour de Derrick Brassard, un joueur de la région, qui connaît bien le nouvel entraineur.

À New-York, Mika est frappé par une blessure qui le tient à l’écart du jeu pendant 2 mois.

Il revient au mois de janvier et participe au parcours des Rangers en séries. Il frappe encore face à Montréal en inscrivant le but gagnant en prolongations lors du match 5.

Les Rangers sont arrêtés au tour suivant par les Sénateurs.

De la constance et de l’or

Malgré sa blessure, il connaît une excellente saison, 37 points en 56 matchs. Il en ajoute 9 en 12 matchs de playoffs. Zibanejad signe donc un nouveau contrat lucratif de 5 ans et 5,350 millions.

Les Rangers sont cependant à la croisée des chemins. La saison suivante marque le début de la courte descente aux enfers pour le club de la Grosse Pomme. Pour la première fois depuis 2010, ils ne participent pas aux séries. Dans tout ce marasme, le suédois fait figure d’éclaircie. Il termine meilleur buteur de l’équipe avec 27 buts.

Cette élimination permet à Zibanejad de participer aux Championnats du monde avec la Suède. Au Danemark, il démontre une nouvelle fois toute sa touche offensive, en inscrivant 6 buts et 5 passes.

Il trouve encore le bon filon pour ramener l’or au royaume. Menée en finale par la Suisse, Zibanejad marque le but égalisateur en seconde période.

La Triple Couronne s’imposera en tirs de barrage.

Un leader est né

À l’orée de 2018-2019, Mika est nommé assistant-capitaine, en charge de diriger l’équipe durant ces temps difficiles.

 Il ne faillit pas à la tâche. La saison marquée du sceau de la transition n’est pas bonne pour les Rangers. Zibanejad fait illusion. Il marque 30 buts pour la première fois et est meilleur pointeur des Blueshirts avec 74. Insuffisant pour participer aux playoffs.

L’éclosion se transforme en explosion

La relance s’accélère significativement à New York avec la signature d’Artemi Panarin à l’intersaison. Avec le russe, le centre droitier n’est plus la seule grosse menace offensive. Le duo fait des flammèches et terrorise les défenses adverses notamment en avantage numérique. Mika rate cependant 1 mois, blessé au « haut-du-corps ».

Cela ne l’empêche pourtant pas d’afficher des statistiques extraordinaires. `

Il inscrit pour la première fois 40 buts dont 15 en avantage numérique, troisième meilleur total dans la ligue. Il a également à ce jour la meilleure moyenne de buts par match devant Alex the Great (0,71).

Cette amélioration fut symbolisée par la soirée incroyable qu’il a connu face à ce même Ovechkin le 5 mars dernier.

À 27 ans, le suédois fait donc pleinement figure de phare pour cette nouvelle version des BlueShirts. Certains avancent même que le C lui reviendra à l’issue de la saison. Le prince deviendra alors roi.

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